Une discussion privée de Mark Zuckerberg fuite sur le web — Facebook

Xavier Trudeau
Octobre 3, 2019

"Pressé de plusieurs questions, le patron de Facebook a aussi abordé le fait qu'il ne se soit pas rendu à une audition devant le parlement britannique". Ouais. Je ne veux pas, dans l'absolu, que nous soyons pris dans un gros procès contre notre propre gouvernement... "Prêt à " monter au créneau " pour se défendre et attaquer le gouvernement, le fondateur de Facebook a reconnu la véracité de l'enregistrement, précisant qu'il s'agissait d'un échange de questions/réponses avec ses salariés, et que ça devait évidemment rester " en interne ".

Quelqu'un comme Elizabeth Warren pense que la solution est de démanteler les entreprises.Si elle est élue présidente, je parie que nous aurons un combat judiciaire, et je parie que nous le gagnerons, a-t-il lancé. Celui qui s'exprime n'est autre que Mark Zuckerberg, et il s'adressait à ses salariés au mois de juillet. Pour elle, les grandes entreprises de la Tech que sont Google, Facebook ou Amazon sont devenues beaucoup trop puissantes. Les griefs à leur encontre sont nombreux, de la protection des données personnelles à l'emprise sur le marché publicitaire. "Ce qui 'craindrait 'vraiment serait que l'on ne répare pas un système corrompu qui laisse des entreprises géantes comme Facebook s'engager dans des pratiques anticoncurrentielles illégales, de porter atteinte au droit à la vie privée des consommateurs et de s'abstenir à plusieurs reprises de protéger leur démocratie", a-t-elle rétorqué en reprenant la formule de Mark Zuckerberg.

L'hypothèse du démantèlement du réseau social revient régulièrement sur le tapis.

Chris Hugues, l'un des co-fondateurs du groupe, avait ainsi appelé, en mai, Facebook à se scinder en trois, avec une première société composée du réseau social, son activité originelle, une deuxième entreprise chapeautant l'application Instagram et une troisième entité comprenant WhatsApp.

La priorité accordée par M. Zuckerberg à la croissance l'a, regrettait alors M. Hugues, "amené à négliger la sécurité et la civilité pour la course aux clics".

Mark Zuckerberg avait encore rejeté l'idée de vendre Instagram et WhatsApp à la fin septembre, lorsqu'il était de passage à la Maison Blanche pour rencontrer le président Donald Trump et des élus.

"L'affaire Cambridge Analytica a été traitée de manière " trop dramatique " selon le jeune patronMark Zuckerberg est également revenu sur les suites de l'affaire Cambridge Analytica et sur ses différentes auditions exigées par le Congrès américain et l'Union européenne: " Certaines de ces enquêtes sont, je trouve, présentées de manière trop dramatique ".

Cela ne réduira pas non plus les problèmes d'attaques haineuses, car toutes les procédures mises en place seront " plus fragmentées ".

Twitter par exemple fait face aux mêmes types de problèmes que Facebook mais n'a pas l'argent suffisant pour y remédier rapidement, a-t-il estimé.

"Je m'inquiète de la direction des discussions", a finalement lâché le responsable. Je comprends que si nous n'aidons pas à résoudre ces problèmes et à mettre en place un cadre réglementaire dans lequel les gens ont l'impression que la responsabilité est réelle et que le gouvernement peut réglementer notre secteur, alors oui, la colère des gens ne fera que s'intensifier.

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