Macron arrive à Rouen, un mois après l'incendie — Lubrizol

Xavier Trudeau
Novembre 1, 2019

Comme il s'y était engagé, Emmanuel Macron est venu mercredi soir à Rouen saluer la " compétence " et le " sang froid " des services de l'État et tenter de rassurer une population toujours inquiète des conséquences de l'incendie de l'usine chimique Lubrizol. "De là où je suis, je n'ai pas vu de défaillance, au contraire", a-t-il ajouté.

Le ministère de l'Agriculture avait chiffré à 40 à 50 millions d'euros le préjudice pour les quelque 3 000 agriculteurs concernés par les retombées environnementales et sanitaires de l'incendie survenu dans la nuit du 25 au 26 septembre dans une partie de l'usine Lubrizol et sur le site de l'entreprise Normandie Logistique.

Plus de 9 500 tonnes de produits chimiques sont partis en fumée.

A l'issue d'une rencontre avec le maire, Yvon Robert, Emmanuel Macron s'est défendu d'être venu trop tard à Rouen.

"Le rôle du Président de la République n'est pas de se précipiter dès que quelque chose se passe", a-t-il déclaré, saluant la gestion de la crise par le préfet de Seine-Maritime. Devant l'hôtel de ville de Rouen, des habitants ont accueilli le Président de la République avec des huées et des cris "Macron démission".

"Je cherche juste à ce que vous ayez un jour un déclic et que vous sauviez notre pays plutôt que de l'emmener dans sa destruction", a lancé la femme alors que le Président a essayé de lui répondre. L'époux de Brigitte Macron a également dénoncé "l'humiliation" subie par la mère pointée du doigt par un élu RN parce qu'elle portait le voile dans l'enceinte du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. "Quand on vit ce qui a été vécu à Rouen, quand on respire (...) des odeurs qui sont très graves, dont on ne connaît pas la dangerosité (...), c'est très déstabilisant et donc ça nourrit forcément de l'inquiétude", a reconnu M. Macron". "Il ne faut pas que cette inquiétude qui est tout à fait légitime devienne de la défiance parce que des fausses informations circulent, parce qu'on se met à dire tout et son contraire ". Des habitants ont longuement exprimé leur " inquiétude", raconté avoir " eu peur", en reprochant au chef de l'État d'avoir attendu un mois avant de venir.

"C'est une visite à dimension symbolique".

" Les services de l'État ont agi avec compétence, avec beaucoup de sang-froid, beaucoup de professionnalisme", avait souligné un peu plus tôt dans la journée le président de la République lors d'un point presse à la mairie de Rouen".

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