Pourquoi la gauche fait "marche arrière" — Marche contre l’islamophobie

Claudine Rigal
Novembre 10, 2019

Cette marche, à l'appel de plusieurs personnalités et organisations comme le Collectif contre l'islamophobie en France, doit rejoindre la Place de la Nation, à l'est de la capitale. D'autres iront manifester, mais demandent que leur nom soit retiré de la liste des signataires.

Parmi les organisateurs de la manifestation, on trouve notamment le controversé Collectif contre l'islamophobie en France. De quoi provoquer un embarras chez certains responsables politiques progressistes. Mercredi, Yannick Jadot a indiqué sur franceinfo qu'il ne se rendrait pas à la marche.

Clémentine Autain, Eric Coquerel ou encore Alexis Corbière seront à ses côtés. "La tribune est bonne sur le fond".

Le ministre français de l'Education, Jean-Michel Blanquer, a déclaré, jeudi, que la manifestation prévue à Paris contre l'islamophobie visait la laïcité.

Il a été troublé par l'utilisation du terme "islamophobie". Si l'appel à rejoindre la manifestation est un pas avant de la part de l'organisation, alors qu'il y a quelques mois, un des intervenants de leur université d'été revendiquait le " droit à être islamophobe ", la question continue de secouer en interne et est loin de faire consensus. "Nous étions tous à la marche pour Charlie Hebdo malgré la présence de chefs d'État dont on dénonce la politique", note l'ex député européen.

A La France insoumise, l'utilisation de ce terme fait l'objet d'un vif débat.

Pour Djordje Kuzmanovic, qui avait claqué la porte de LFI en 2018 afin de fonder le mouvement République souveraine, Jean-Luc Mélenchon entérine la victoire dans le mouvement " de la gauche à l'anglo-saxonne, multiculturaliste, qui n'hésite pas à mêler religion et politique ".

"On a le droit de critiquer l'Islam et toutes les religions".

En tant que co-initiateur de la marche du 10 novembre, vous êtes plusieurs à m'interpeller à propos d'une vidéo, que je découvre comme vous, sur des paroles anciennes de l'imam Nader Abou Anas qui fait parti des plus de 400 signataires de la marche.

C'est ainsi que l'essayiste Caroline Fourest affirmait en 2003 que le mot islamophobie avait " pour la première fois été utilisé en 1979, par les mollahs iraniens qui souhaitaient faire passer les femmes qui refusaient de porter le voile pour de mauvaises musulmanes ". "Il peut être compris comme de l'anticléricalisme, mais aussi comme l'expression d'un racisme et c'est ce sens-là que nous retenons en ce moment", tente de rattraper Raquel Garrido dans Le Figaro. Son homologue François Ruffin, de son côté, manquera l'évènement pour cause de... match de foot, quand un autre parlementaire, Adrien Quatennens, n'ira pas pour " raisons personnelles ". Il a expliqué vouloir se tenir à distance du sujet religieux qui n'est "pas [son] truc" et a expliqué "qu'il irait jouer au football", comme tous les dimanches.

Dans un communiqué diffusé vendredi, le Parti communiste a quant à lui appelé à manifester "partout en France" afin de s'opposer "massivement au racisme antimusulman, à l'antisémitisme, à toutes les manifestations de discrimination, à toutes les incitations à la haine religieuse".

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