Retour triomphal des Springboks, champions du monde de rugby — Afrique du Sud

Solenn Plantier
Novembre 9, 2019

Comme un symbole, le troisième ligne, Pieter-Steph du Toit, sacré meilleur joueur de l'année, a été le premier à faire son apparition dans la grande salle des arrivées, suivi de près par l'autre chouchou des supporters des Springboks, le demi de mêlée Faf de Clerck.

Les Springboks n'ont pas été déçus car, des fans de tous les horizons et de toutes les races se sont rassemblés devant le siège du gouvernement pour les rencontrer, en brandissant des drapeaux, en dansant et chantonnant des chansons de victoire pour leurs héros qui ont triomphé de l'Angleterre samedi (32 à 12) au stade de Yokohama, au Japon pour amener la prestigieuse coupe en Afrique.

Une jeune supportrice des Springboks attend ses héros à l'aéroport de Johannesburg.

"Nous remercions nos guerriers", a déclaré le chef de l'Etat, tout sourire, au capitaine Siya Kolisi, au sélectionneur Rassie Erasmus et à toute l'équipe. "Pendant 80 minutes, le monde entier a regardé ces hommes, notre drapeau et ce dont l'Afrique du Sud est capable". Ils iront donc à Pretoria, Johannesburg, Soweto, Durban, East London, Port-Elizabeth et enfin au Cap.

La coqueluche de l'équipe, c'est évidemment le capitaine, le premier capitaine noir de l'histoire Siya Kolisi. L'économie stagne, le chômage frôle les 30%, la pauvreté persiste et les inégalités se creusent, au point de faire de la première puissance industrielle du continent africain, dixit la Banque mondiale, le champion planétaire des inégalités, sociales comme raciales. Une nation qui ne fait plus qu'une derrière ses 31 rugbymen. Le capitaine Siya Kolisi sorti en tête avec le trophée a eu les clameurs de la foule.

"Voilà l'héritage de Nelson Mandela, c'est ce qu'il aurait voulu", s'est enthousiasmé mardi Moemedi Mashiolane, un agent de sécurité noir de 45 ans venu se joindre à la foule pour acclamer ses champions à l'aéroport.

" Là d'où je viens, le rugby était un sport joué par les Blancs mais aujourd'hui il nous unit", a-t-il ajouté, ému, " je veux que les Blancs sachent que nous voulons faire nous aussi partie du monde du rugby et qu'ils nous laissent y jouer ".

Car derrière la ferveur suscitée par ce titre mondial, la réalité raciale du rugby sud-africain est restée plus contrastée.

Reste que les Springboks, qui ont décroché le 2 novembre leur troisième titre mondial depuis la création de l'épreuve, n'hésitent pas à investir quant à eux les clubs étrangers européens ou asiatiques. Il a fallu une politique récente et très controversée de quotas pour qu'ils soient six - pas même la moitié - à commencer la finale contre l'Angleterre.

De nombreuses célébrations sont prévues dans les principales villes du pays.

"Aujourd'hui c'est l'euphorie, il faut maintenant réussir à la transformer en changements concrets".

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