" "Condamné, Willy Bardon placé en réanimation " dans un état grave " — Affaire Kulik

Pierre Vaugeois
Décembre 7, 2019

Selon le procureur, Willy Bardon "se serait confié à des proches sur sa volonté de mettre fin à ses jours en cas de condamnation".

Coupable. Les jurés ont décidé de condamner Willy Bardon à 30 ans de prison (sans peine de sûreté) ce vendredi aux assises d'Amiens pour le viol et l'enlèvement suivis de la mort d'Elodie Kulik en 2002.

Il s'agissait de juger des " atrocités " commises sur Elodie Kulik, employée de banque de 24 ans enlevée, violée, étranglée, puis brûlée en janvier 2002 à Tertry, à une vingtaine de kilomètres de Saint-Quentin (Aisne), a ainsi rappelé Ségolène Attolou, l'avocate générale. "C'est sûr que c'est le geste d'un innocent", ironise de son côté Jacky Kulik, père d'Elodie Kulik qui s'était porté partie civile dans le procès aux assises.

Willy Bardon, abattu et tremblant, a tout de suite été évacué hors de la salle d'audience après avoir avalé "quelque chose " - selon son avocat Stéphane Daquo - ressemblant à un cachet.

Sur cette photo prise le 21 novembre 2019, Willy Bardon (à gauche), arrive avec ses avocats Stéphane Daquo (à droite) et Marc Bailly (deuxième à droite) au palais de justice d'Amiens avant le début du procès. Avant de mourir, elle avait appelé les secours, un enregistrement glaçant de 26 secondes considéré comme la pièce maîtresse du dossier, qui a ébranlé la salle d'audience à de nombreuses reprises pendant deux semaines. Il a alors été pris en charge, conscient.

"Si la participation de Grégory Wiart, décédé en 2003 et dont on avait retrouvé l'ADN sur la scène du crime en 2012, est " indéniable ", les deux hommes entendus sur l'enregistrement " font forcément partie de ses ravisseurs " et " le seul proche " qui est " reconnu sur la bande" par plusieurs témoins est Willy Bardon, a affirmé l'avocate générale, Anne-Laure Sandretto. Cela n'aura pas suffit à convaincre les jurés d'innocenter Willy Bardon.

Alors qu'il était poursuivi pour "viol" et "meurtre", l'accusation avait réclamé jeudi à la cour d'ajouter une question "subsidiaire" à poser aux jurés: "Enlèvement et séquestration suivis de mort", ce qui a été approuvé. Concernant le geste de Bardon, "on n'a pas d'explication, je pense que la volonté qui est la sienne, c'est de ne pas supporter la prison", a-t-il dit. " a notamment lancé maître Gabriel Dumenil".

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