" "Des " preuves accablantes " attestent la culpabilité du président américain — Destitution de Trump

Pierre Vaugeois
Décembre 4, 2019

Donald Trump est soupçonné d'avoir demandé à son homologue ukrainien d'enquêter sur Joe Biden, un de ses adversaires potentiels à la présidentielle de 2020.

La commission du Renseignement de la Chambre des représentants, fer de lance de l'enquête ouverte en septembre, affirme aussi dans son rapport que le président américain a sapé la sécurité nationale.

La commission judiciaire devra déterminer si les faits reprochés à Donald Trump entre dans le cadre de l'un des possibles motifs de destitution cités dans la Constitution des États-Unis: des actes de "trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs".

Le rapport des élus démocrates responsables de l'enquête pour impeachment contre Donald Trump a été publié mardi.

Mais l'opposition démocrate est convaincue qu'il a abusé de ses pouvoirs pour favoriser sa campagne de réélection, notamment en gelant une aide militaire de près de 400 millions de dollars destinée à ce pays en guerre avec la Russie.

Donald Trump et ses avocats ne participeront pas à l'audience du Comité des affaires judiciaires de la Chambre des représentants prévue mercredi dans le cadre de la procédure de destitution dont il est la cible, selon une lettre de la Maison-Blanche adressée au président du comité, que Reuters a pu consulter. Elle a conclu, dans un rapport d'enquête de 300 pages, qu'il avait "placé ses intérêts personnels et politiques au-dessus des intérêts nationaux, cherché à miner l'intégrité du processus électoral américain et mis en danger la sécurité nationale".

"Ce rapport ne reflète rien d'autre que les frustrations " des démocrates, il "se lit comme les divagations d'un blogueur de bas étage qui s'évertue à prouver quelque chose quand il n'y a clairement rien ", a-t-elle ajouté. "Le président a conditionné une invitation à la Maison-Blanche (pour M. Zelensky) et une aide militaire à l'Ukraine à l'annonce d'enquêtes favorables à sa campagne", écrivent ses auteurs.

Il existe des preuves tout aussi évidentes qu'il a "entravé " l'enquête en destitution, en interdisant à plusieurs membres de l'administration de témoigner ou de fournir des documents, mais aussi en cherchant à intimider les témoins, peut-on encore lire dans ce document.

"C'est très dangereux pour un pays d'avoir un président sans éthique, qui croit être au-dessus des lois", a commenté l'élu démocrate Adam Schiff qui préside la commission du Renseignement.

La commission du Renseignement doit se réunir dans la soirée à Washington pour un vote sur ses conclusions.

Le rapport s'appuie "en grande partie" sur des "informations déjà rendues publiques lors des auditions des témoins devant le Congrès", note le New York Times.

Ce document, qualifié de "divagation" par la Maison Blanche, a été officiellement transmis mardi soir à la commission judiciaire de la Chambre, qui est chargée de rédiger les éventuels articles de mise en accusation ("impeachment") du président.

La commission démarrera ses travaux mercredi matin avec l'audition de quatre spécialistes en droit constitutionnel.

Comme leurs élus, les Américains sont profondément divisés par la possible mise en accusation de Donald Trump, avec 49% qui la soutiennent et 44% qui y sont opposés, selon une moyenne des sondages établie par RealClearPolitics. Dans leur propre rapport d'enquête, publié lundi soir, les républicains ont de leur côté blanchi le président: "Les éléments présentés ne prouvent aucune des accusations des démocrates".

La Chambre des représentants, à majorité démocrate, devrait approuver en séance plénière la mise en accusation du président.

Le milliardaire entrerait alors dans les livres d'histoire comme le troisième président américain mis en accusation. Ils estiment que Donald Trump avait des "inquiétudes légitimes" au sujet de l'Ukraine étant donnée l'omniprésence des problèmes de corruption dans le pays, explique Newsweek. Les républicains sont en effet majoritaires au Sénat et, pour l'instant, ils font bloc autour du président.

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