L’école française reste une championne des inégalités — Enquête Pisa

Claudine Rigal
Décembre 4, 2019

Le modèle finlandais, porté au pinacle ces dernières années dans de nombreux médias, repose sur un tronc commun de 7 à 16 ans, l'interdiction du redoublement et une autonomie accrue des chefs d'établissement et des professeurs rémunérés 10% à 20% de plus qu'en France, mais il est en perte de vitesse depuis une dizaine d'années, en témoigne les sept places perdues entre 2006 et 2019. Les performances des élèves français âgés de 15 ans se situent très légèrement au-dessus de la moyenne de l'OCDE, montre cette étude réalisée tous les trois ans.

Avec un score de 481 points, la FWB reste, comme en 2015 déjà, sous la moyenne de l'OCDE (487), bien distancée à nouveau par la Flandre (502), laquelle régresse toutefois dans le classement global. C'est ce que révèle le classement du Programme international pour le suivi des acquis des élèves, dit Pisa, publié ce 3 décembre. Ainsi, un sur deux a déclaré qu'il y avait du bruit et du chahut dans la plupart ou la totalité des cours - à comparer avec un élève sur trois en moyenne dans les pays de l'OCDE. Mais le pays peine à lutter contre les inégalités, un phénomène qui touche également la Hongrie, la Slovaquie, la Belgique ou, dans une proportion encore plus nette encore, Luxembourg et Israël. Une autre lecture montre que 20% des élèves très favorisés font partie des plus performants, contre seulement 2% des plus défavorisés. Pour la compréhension de l'écrit, cette tendance s'est même accentuée.

Ces inégalités sont visibles au-delà des résultats.

Concrètement, les élèves français issus de milieux défavorisés enregistrent en moyenne de moins bons résultats que les élèves favorisés et ils ont cinq fois plus de risques d'être en difficulté.

Si l'enquête Pisa se contente de constater le niveau des élèves, sans donner d'explication ni de solution aux inégalités, elle relève toutefois quelques spécificités tricolores.

Les résultats sont en effet plus inquiétants quand on rentre dans le détail des chiffres: comme déjà observé lors des éditions précédentes, la France souffre d'une incapacité chronique à aider les élèves défavorisés, beaucoup plus pénalisés dans leurs résultats qu'ailleurs. L'origine sociale des élèves serait la principale source d'inégalité.

"Contrairement à ce qu'on entend souvent, le score de la France n'est pas catastrophique", souligne Eric Charbonnier.

L'argument du ministère en charge des écoles est clair: la "mutation rapide du contexte socio-démographique" du pays brouille les résultats de l'étude internationale. Enfin, seulement 6 % des garçons, mais presque aucune fille en France, souhaitent travailler dans des professions liées aux technologies de l'information et de la communication (TIC).

Qu'est ce que l'enquête Pisa? Elle évalue les connaissances et compétences des élèves de 15 ans en compréhension de l'écrit, mathématiques et sciences.

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