Les ministres à Matignon pour 'encore améliorer' la réforme et — Retraites

Claudine Rigal
Décembre 4, 2019

La réunion est destinée à faire un point sur la réforme, peaufiner les éléments de langage et passer en revue les différentes mesures pour tenter de faire face à un mouvement de grève qui promet d'être massif jeudi et potentiellement durable. À l'inverse, 24% des personnes interrogées y sont opposées.

Sur la réforme en elle-même, 70% des sondés se disent inquiets par la création d'un régime universel de retraites regroupant les salariés, les fonctionnaires, les régimes spéciaux ou encore les travailleurs indépendants. Mais il y a aussi beaucoup de Françaises et de Français qui voudront travailler, se déplacer. "Il faut qu'ils puissent le faire dans les meilleures conditions possibles", a-t-il ajouté.

L'exécutif a envoyé des signaux à la fois d'ouverture et de fermeté ces derniers jours. Intransigeant sur l'objectif. Mais ouvert à la discussion et soucieux d'un dialogue "sans brutalité", selon les mots d'Edouard Philippe. 56% se déclarent favorables à la clause du grand-père, et 44% souhaiteraient que la réforme entre en vigueur dès maintenant et s'appliquent à tous les actifs.

Mais hors de question de renoncer à réformer.

"Je pense qu'il y aura une mobilisation forte des organisations syndicales et un risque de blocage à la RATP et à la SNCF", les transports parisiens et la compagnie ferroviaire nationale, a concédé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, avant de répéter que le gouvernement ne reculerait pas. "Nous n'échouerons pas, la réforme se fera", a ajouté le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin dans " Le JDD ", estimant que les régimes spéciaux de retraite, pour lesquels " l'État verse chaque année 8 milliards d'euros ne se justifient plus ".

Le patron de LREM, Stanislas Guerini, a lui dénoncé dimanche "la volonté de faire converger toutes les colères", s'offusquant que le Parti socialiste défilera côte à côte avec le RN de Marine Le Pen jeudi.

Dans l'opposition, la gauche continue d'accuser le gouvernement de vouloir "faire les poches de tout le monde " (Adrien Quatennens, LFI).

L'exécutif craint surtout que la mobilisation s'étende au-delà de quelques catégories et vire à la crise sociale d'ampleur. Et envisage avec une certaine angoisse la journée d'action des "gilets jaunes" prévue le samedi 7 décembre, un an pile après le pic de violence de leur mouvement.

Notre avenir et celui de nos enfants valent bien une grève générale: en conséquence, nous appelons les salariés du commerce et des services à cesser massivement le travail et à participer aux manifestations prévues dans tout le pays ce jeudi 5 décembre.

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