Ouverture du procès d’Ouyahia, Sellal et de patrons du secteur automobile

Claudine Rigal
Décembre 4, 2019

Le procès, qui devait s'ouvrir "précipitamment" ce lundi, a été reporté à mercredi en raison de l'incompétence des magistrats qui n'ont pas été capables d'organiser les audiences dans le très exigu tribunal de Sidi M'hamed, bien qu'ils soient au courant de l'engouement que celles-ci allaient provoquer et que, ce faisant, la salle n'aurait jamais pu contenir le nombre impressionnant d'avocats, de journalistes, de témoins et de curieux qui allaient assister au jugement de ceux qu'ils qualifient de "bourreaux du peuple". Plusieurs journalistes ont été repoussés violemment par les agents de police postés à l'entrée de la salle d'audience, ce qui a empêché quelques avocats de la défense à y accéder.

Mais les avocats de la défense boycotteront le procès car les "conditions d'un procès équitable ne sont pas réunies", a annoncé, au nom de ses confrères, le bâtonnier d'Alger, Me Abdelmajid Sellini, qui défend également l'un des accusés, dénonçant une justice "politisée" et un climat de "règlement de comptes".

Le ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, avait déclaré que le procès des anciens pontes du régime Bouteflika allait commencer ce lundi. Ils en ont été extraits loin des regards et des caméras. Pour rappel, le juge enquêteur près la Cour suprême avait ordonné, en juillet dernier, le placement de Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, à la prison d'El-Harrach, après avoir été auditionnés.

Il s'agit d'un méga-procès avec à la barre deux anciens Premiers ministres, trois anciens ministres, un ex-wali, quatre hommes d'affaires comptant parmi les plus puissants du pays, en plus de nombreux cadres de l'administration centrale et locale.

Deux anciens ministres de l'Industrie de M. Bouteflika, Mahdjoub Bedda (2017) et son successeur Youcef Yousfi (2017-2019) comparaissaient également lundi.

Maître Abdelmadjid Sellini remet ainsi en cause toute la procédure lancée sur ordre de Gaïd-Salah pour se présenter comme le féroce adversaire du "clan Bouteflika" et des hommes d'affaires qui rodaient autour des cercles de décision avant la démission forcée de l'ancien chef de l'Etat omnipotent depuis 1999 et impotent depuis 2013.

Entre autres, Mohamed Bairi, PDG du groupe IVAL, propriétaire de l'usine de montage algérienne de véhicules Iveco ancien vice-président du FCE, et Ahmed Mazouz, président du groupe éponyme qui assemble et distribue en Algérie des véhicules de marques chinoises.

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