UniCredit va supprimer 8.000 équivalents temps plein d'ici 2023

Xavier Trudeau
Décembre 6, 2019

L'enseigne annonce 8.000 pertes d'emplois supplémentaires et la fermeture de 500 agences d'ici 2023. Pourtant, son CEO, le Français Jean-Pierre Mustier, annonce aujourd'hui un nouveau plan stratégique 2020-2023 qui ne se fera pas sans casse sociale. Il serait notamment question de supprimer 8.000 postes environ. Avec UniCredit, le chiffre monte à plus de 52.000.

"Dans le précédent plan, nous avons agi de manière socialement responsable et nous continuerons à le faire", a assuré ce dernier, en évoquant ces suppressions d'emplois.

Le plan "représente une claque au visage des travailleurs après tous les sacrifices qu'ils ont faits", a dénoncé le secrétaire général du syndicat First Cisl, Riccardo Colombani, en estimant qu'il avait une seule logique: "tailler dans les coûts à l'avantage du capital" et des actionnaires.

Ces mesures doivent permettre en effet à la banque de réduire ses coûts en Europe occidentale d'un milliard d'euros durant la durée du plan, par rapport à 2018. "Nous avons porté avec succès (le précédent plan) Transform 2019, dépassant les objectifs clés et posant des bases solides pour le nouveau plan" 2020-2023, a commenté Mustier.

Sous sa houlette, la banque, qui figurait en 2016 parmi les moins performantes lors de tests de résistance menés par l'Autorité bancaire européenne (EBA), s'est profondément transformée.

Elle a aussi cédé divers actifs jugés non stratégiques (Finecobank, Mediobanca ou une partie de la turque Yapi Kredi).

L'augmentation et le renforcement de la base de clients avec des processus simplifiés et des produits innovants.

Ses prévisions sont basées sur un taux Euribor à trois mois de – 50 points de base entre 2019 et 2022 et de -40 points de base en 2023, estimations jugées prudentes par les brokers.

Entendant développer son activité de détail auprès des PME européennes et augmenter le nombre de ses clients particuliers, le groupe vise des revenus de 19,3 milliards d'euros en 2023, soit une croissance annuelle moyenne de 0,8%. D'ici 2023, la banque italienne devrait ainsi avoir distribué 8 milliards d'euros, dont 2 milliards via des rachats d'actions.

Le groupe souhaite une répartition du capital égale à 40% du bénéfice net sous-jacent en 2020-2022 et à 50% en 2023, une combinaison de dividendes en espèces et de rachats d'actions.

À la Bourse de Milan, les investisseurs accueillaient positivement ces annonces, mais sans enthousiasme démesuré: trente minutes après l'ouverture, le titre gagnait 1,23% à 12,52 euros, dans un marché en hausse de 0,93%.

Interrogé sur d'éventuelles fusions transfrontalières, Jean-Pierre Mustier a souligné que la banque privilégiait le rachat d'actions et qu'elle "pourrait considérer seulement des petites acquisitions", excluant ainsi une opération de grande ampleur.

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