Le gouvernement démissionne, des "changements importants" à la Constitution annoncés — Russie

Claudine Rigal
Janvier 15, 2020

Cette annonce fait suite à la proposition par Vladimir Poutine de la tenue d'un référendum sur des réformes de la Constitution russe devant renforcer les pouvoirs du Parlement tout en préservant le caractère présidentiel du système politique qu'il pilote depuis 20 ans.

Dimitri Medvedev, le premier ministre russe, a présenté ce mercredi la démission de son gouvernement au président Vladimir Poutine, une annonce surprise après un discours du chef de l'État annonçant des réformes de la Constitution. "C'est pour cela (.) que le gouvernement dans son ensemble donne sa démission", a déclaré Dmitri Medvedev, cité par des agences de presse russes.

"Je veux vous remercier pour tout ce qui a été fait, exprimer ma satisfaction pour les résultats obtenus (.) même si tout n'a pas réussi", a-t-il dit.

Le Président Poutine va devoir nommer un autre Premier Ministre qui va former son gouvernement dans les heures voire jours qui viennent. Actuellement, la Douma confirme le choix du chef de l'Etat.

Il a souligné que les réformes constitutionnelles proposées par Vladimir Poutine modifiaient "l'équilibre des pouvoirs" dans le pays.

Vladimir Poutine "en tant que président, a non seulement fixé les priorités du travail dans notre pays pour l'année à venir, mais a également décrit un certain nombre de changements fondamentaux dans la Constitution de la Fédération de Russie". Les deux Chambres du Parlement sont aujourd'hui dominées par des forces pro-Poutine et ne s'opposent jamais aux volontés du Kremlin.

Au pouvoir depuis 1999, que ce soit en tant que président ou Premier ministre, Vladimir Poutine n'aura pas le droit de se représenter en 2024, la Constitution interdisant l'exercice de plus de deux mandats présidentiels consécutifs.

Le chef de l'Etat conservera le droit de limoger tout membre du gouvernement et nommera les chefs de toutes les structures sécuritaires.

Il a également proposé de renforcer les pouvoirs du Conseil d'Etat, une institution consultative composée de divers responsables nationaux et régionaux, et de placer la Constitution russe au dessus du droit international dans la hiérarchie des normes.

Ces annonces pendant le discours annuel du président russe devant le Parlement et les élites politiques ont nourri les interrogations quant à son avenir après 2024, à l'issue de son mandat, alors qu'il n'a jamais mis en avant de successeur ni exprimé ses intentions.

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