Les 400 entreprises liées à l'empire dos Santos (carte interactive) — Luanda Leaks

Claudine Rigal
Janvier 20, 2020

Isabel Dos Santos, la fille de l'ex-président angolais José Edouardo dos Santos, est accusée de corruption et d'avoir détourné plus d'un milliard de dollars au détriment de son pays. Sur la carte ci-dessous, vous trouverez une visualisation des plus grandes sociétés détenues par le couple, en ce compris la petite centaine de sociétés offshore. Cette investigation, baptisée Luanda Leaks, se base sur une fuite de plus de 715.000 documents financiers et commerciaux confidentiels, tels que des courriers électroniques, des contrats, des audits, des listes de clients, des factures, des documents fiscaux et des accords de prêt bancaire.

Pour Le Monde, cette femme de 46 ans avait mis en place un véritable "schéma d'accaparement des richesses publiques" grâce à 400 sociétés basées dans 41 pays. La fille de José Eduardo dos Santos, qui dirigea l'Angola d'une main de fer pendant 38 ans (1979-2017), avait vu en décembre ses comptes bancaires et ses actifs dans des entreprises angolaises gelés.

L'enquête du ICIJ l'accable en révélant des détails inédits sur les montages financiers utilisés, ainsi que le nom des sociétés qui l'y ont aidée et les montants en jeu.

Isabel dos Santos a dirigé la société nationale de pétrole Sonangol au temps où son père était l'homme fort tout-puissant du pays. L'enquête de l'ICIJ révèle entre autres que des sociétés de conseil occidentales, telles que PwC et Boston Consulting Group, ont " apparemment ignoré les signaux d'alarme ".

Début janvier, la justice portugaise a elle aussi annoncé l'ouverture d'une enquête sur la femme d'affaires, qui détient des intérêts dans de nombreuses entreprises du pays, pour blanchiment d'argent public. "Monaco a fait de même récemment pour les mêmes motifs", selon Le Monde. Sa fille nie de son côté toute accusation de détournement et crie à la chasse aux sorcières depuis que son père n'est plus au pouvoir. Elle met l'origine de sa fortune sur le compte de son "caractère, intelligence, éducation, capacité de travail et de persévérance" dans un tweet publié ce 19 janvier. "Je continue aujourd'hui (dimanche) à voir avec tristesse le 'racisme' et les 'préjugés' de SIC-Expresso (la télévision et l'hebdomadaire portugais membres de l'ICIJ, NDLR), qui rappelle l'ère des 'colonies' dans laquelle aucun Africain ne valait un Européen".

Mais bien avant cela, le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) avait contacté le gouvernement angolais pour lui poser une série de questions sur les opérations commerciales d'Isabel dos Santos. Son avocat a également réfuté les accusations du consortium, dénonçant auprès du journal britanniqueThe Guardian* une "attaque parfaitement coordonnée" par le dirigeant actuel de l'Angola, Joao Lourenço, qui s'est lancé dans une spectaculaire lutte anticorruption.

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