Les images étonnantes des villes fantômes hantées par le coronavirus — Chine

Evrard Martin
Janvier 31, 2020

Parmi les nouveaux décès constatés, 37 l'ont été dans la région du Hubei et le 38e dans la province de Sichuan (sud-ouest du pays). Mais elle varie grandement en fonction des patients, selon des chercheurs chinois dans l'une des études les plus larges publiées à ce jour sur l'épidémie de pneumonie virale. Le fait que l'estimation soit préliminaire et "imprécise", et fasse apparaître de grandes variations, justifie "une période d'observation ou de quarantaine de 14 jours pour les personnes exposées", écrivent les chercheurs des autorités sanitaires chinoises dans cette étude parue dans la grande revue médicale "New England Journal of Medicine" (NEJM).

Si l'immense majorité des cas restent localisés en Chine, au premier chef dans la province du Hubei et la ville de Wuhan où est apparu le virus, dix-huit autres pays, selon l'OMS, ont déclaré des cas, le plus souvent sur des personnes arrivant de Chine. En cause, un couple chinois dont l'épouse présentait des symptômes du coronavirus.

Les États-Unis ont enjoint à leurs ressortissants de ne pas voyager en Chine, où le bilan du nouveau coronavirus s'est alourdi vendredi à 213 morts, alors que de nombreux pays durcissaient leurs mesures de précaution face à une épidémie déclarée urgence internationale par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

De fait, les infrastructures hospitalières locales restent saturées, dépassées par l'explosion du nombre de cas de contamination, qui approchent désormais les 10 000, pour l'essentiel à Wuhan et dans sa région.

En Chine même, Wuhan, métropole du centre du pays d'où est partie l'épidémie, est coupée du monde depuis une semaine, comme la quasi-totalité de la province environnante du Hubei.

L'OMS a cependant averti jeudi que les restrictions à la circulation des personnes et des biens pendant une urgence de santé publique pourraient s'avérer "inefficaces", perturber la distribution de l'aide et plomber l'économie des pays touchés.

D'autres pays planifient des opérations similaires: l'Italie a annoncé l'envoi d'un avion jeudi à Wuhan, Berlin prévoit l'évacuation de quelque 90 Allemands "dans les prochains jours" et le Canada va également affréter un avion. Le gouvernement canadien a annoncé l'affrètement d'un avion, tout comme la Nouvelle-Zélande, qui enverra un avion de 300 places pour évacuer ses ressortissants ainsi que d'autres personnes, "en priorité des ressortissants des îles du Pacifique et d'Australie".

Aucun des 195 Américains arrivés mercredi sur une base militaire californienne ne présente les symptômes du virus mais tous y resteront en quarantaine pendant 72 heures. Parmi les 206 Japonais rapatriés mercredi, trois ont été contaminés, ce qui porte à 14 le nombre de cas recensés dans l'archipel. Après des tests, qui se sont avérés finalement négatifs, les passagers ont été autorisés à débarquer, jeudi soir. Une quinzaine de compagnies aériennes ont suspendu leurs vols vers la Chine en raison de la propagation de l'épidémie, parmi lesquelles British Airways, Air France, Lufthansa, ou encore l'indonésienne Lion Air, qui exploite la plus grande flotte aérienne d'Asie du Sud-Est.

"Le monde entier doit être en alerte, le monde entier doit agir", a insisté mercredi Michael Ryan, directeur des programmes d'urgence de l'OMS. De son côté, l'Italie a suspendu tous les vols "depuis et vers" la Chine, rapelle l'AFP. L'annonce de Pékin intervient alors que les liaisons entre le pays et le reste du monde se sont extrêmement réduites.

A travers la Chine, où les congés du Nouvel an lunaire sont prolongés jusqu'au 2 février, les habitants effrayés désertent commerces et restaurants, tandis que des villages se barricadent derrière des barrages sauvages.

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