Poutine et Merkel appellent à la désescalade — Libye

Claudine Rigal
Janvier 14, 2020

Le président russe Vladimir Poutine a eu des conversations téléphoniques avec l'émir du Qatar Tamim bin Hamad Al Thani et le prince héritier d'Abou Dabi Mohammed bin Zayed Al Nahyan, en se concentrant sur la situation en Libye, a déclaré samedi le Kremlin dans des déclarations.

"L'aggravation de la situation autour de l'Iran sera l'un des thèmes principaux de la rencontre de Vladimir Poutine et Angela Merkel à Moscou le 11 janvier", affirme le journal gouvernemental russe Rossiiskaïa Gazeta. Ils souhaitent la tenue d'une conférence de paix sous l'égide de l'ONU, ce conflit menaçant de s'internationaliser. Les deux dirigeants devraient concentrer une partie de leurs discussions sur la Libye, où Moscou a appelé mercredi dernier de concert avec Ankara à l'instauration d'un cessez-le-feu à partir de dimanche.

Ankara a déployé des militaires en janvier pour soutenir le gouvernement reconnu (GNA) de Fayez al-Sarraj, tandis que la Russie, malgré ses dénégations, est fortement soupçonnée de soutenir les troupes rivales du maréchal Haftar.

Le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, a jugé samedi que Moscou se devait de "convaincre" le chef militaire et homme fort de l'Est libyen.

"Je crois possible d'achever le Nord Stream 2 malgré les sanctions, le président (russe) a signifié le calendrier, il y a un certain retard, mais il peut être achevé", a-t-elle dit. Angela Merkel a souligné que le Nord Stream 2 serait "mis en œuvre quoi qu'il arrive", avant de promettre de toujours soutenir le projet.

L'homme fort de la Russie a aussi une nouvelle fois rejeté les accusations de Tripoli, qui considère que Moscou soutient le maréchal Haftar avec des centaines de mercenaires, des armes et de l'argent.

Mme Merkel et M. Poutine ont aussi évoqué les autres crises de la région, en particulier l'Iran, appelant une fois encore à sauver l'accord sur le nucléaire iranien.

Mme Merkel a réaffirmé aussi son soutien au projet et dénoncé une fois de plus les sanctions de Washington qui ont paralysé les travaux, l'entreprise posant les tuyaux sur les fonds de la mer Baltique ayant retiré son navire spécialisé pour échapper aux mesures de rétorsion américaines.

Le président russe a lui appelé les Européens "à enfin mettre en oeuvre" le mécanisme de troc Instex qui doit permettre de contourner les sanctions américaines imposées à l'Iran.

Pour l'Allemagne et l'Europe, la pacification de ces conflits est essentielle pour réduire la pression migratoire, le Vieux continent ayant accueilli ces dernières années des centaines de milliers de migrants venus de Libye et de Syrie, favorisant par ricochet l'essor des extrêmes droites européennes.

Cette rencontre, la première à ce niveau depuis 2016, a été suivie par un échange le 29 décembre de quelque 200 prisonniers entre Kiev et les séparatistes pro-russes de l'est de l'Ukraine.

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