Qwant en crise : son président et cofondateur va finalement quitter ses fonctions

Xavier Trudeau
Janvier 13, 2020

Quant à savoir si "l'équilibre" actuellement pratiqué entre les différentes participations sera maintenu, Éric Léandri préfère répondre en évoquant la modification du board qui s'enrichit d'un conseil de gouvernance présidé par Antoine Troesch, directeur de l'investissement de la Banque des Territoires.

La start-up française Qwant, qui développe depuis 2013 un moteur de recherche alternatif à Google, tourne une page de son histoire.

Réputé pour protéger la vie privée de ses utilisateurs, le moteur de recherche remplacera bientôt Google dans les services publics. Eric Leandri, qui reste l'un des actionnaires importants de Qwant (150 salariés), prendra de son côté la présidence d'un comité stratégique et scientifique de Qwant, pour " définir les orientations scientifiques et technologiques" de l'entreprise, selon un communiqué de l'entreprise. C'est Jean-Claude Ghinozzi, actuel directeur général adjoint de Qwant et ancien cadre de Microsoft, qui prendra sa succession.

Arrivé "à titre transitoire " à la direction générale en septembre 2019, Tristant Nitot, se concentrera de nouveau sur la fonction de VP Advocacy qu'il assurait toujours. Si celle-ci a vu son chiffre d'affaires croître à presque 10 millions d'euros en 2019, grâce à une belle progression du trafic (environ 4 % de parts de marché), l'entreprise enregistrait des pertes de 1 million d'euros par mois au début de l'année passée.

Qwant profitera par ailleurs d'un coup de pouce. Le médiatique cofondateur Éric Léandri va quitter la présidence du groupe. La bascule devra être opérée d'ici au 30 avril et s'appliquera "tant qu'aucun autre moteur de recherche n'aura apporté les éléments de nature à démontrer qu'il remplit les critères précédemment exposés".

Les équipes de Qwant l'attendaient depuis longtemps et le secrétaire d'Etat Cédric O, l'avait annoncé au printemps dernier: l'État a décidé de basculer l'ensemble de ses administrations sur Qwant, comme l'ont déjà fait de nombreuses régions dont Sud, mais aussi des académies, ou de grands groupes, comme BNP-Paribas, le Crédit agricole, Thalès. "L'entreprise a fait un parcours remarquable pour devenir un moteur de recherche européen".

Même si chacun saccorde sur la nécessité de disposer dun outil de souveraineté numérique français ou plus largement à léchelle européenne, il faut signaler que depuis quelle existe (9 ans), la startup française peine à réaliser un chiffre daffaires au-delà des 5 millions deuros.

Mais selon des sources concordantes, le gouvernement a retenu sa décision définitive dans l'attente d'obtenir des assurances sur la pérennité de l'entreprise, menacée par des résultats commerciaux insuffisants.

Selon les indications fournies par Eric Leandri et la Caisse des dépôts, la nouvelle feuille de route de Qwant est de se concentrer sur le moteur de recherche, en mettant en pause ou en abandonnant certaines applications annexes, dont la liste n'est pas encore arrêtée.

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