Ségolène Royal se dit suspendue de ses fonctions d'ambassadrice

Pierre Vaugeois
Janvier 16, 2020

Alors que la lettre évoque le "devoir de réserve" qu'implique la fonction d'ambassadeur, l'ancienne ministre de l'Environnement a précisé ne pas avoir "l'intention de renoncer à [s] a liberté d'opinion et d'expression garantis par la Constitution".

Ces deux ministères se partagent le financement des trois collaborateurs qui travaillent avec l'ancienne ministre, mais également le montant de l'enveloppe (100 000 euros) mis à la disposition de cette dernière pour ses frais de mission et de représentation. Son assistante personnelle a notamment été aperçue en régions sur des séances de dédicace de son livre.

Dans un texte accompagant la lettre, Ségolène Royal confirme ainsi une rumeur rapporté par le Canard Enchainé.

"Madame l'ambassadrice, il est envisagé de mettre fin à vos fonctions au regard de vos récentes prises de parole publiques, qui mettent en cause la politique du gouvernement à la mise en oeuvre de laquelle, en votre qualité d'ambassadrice, titulaire d'un emploi à la décision du gouvernement, vous êtes étroitement associée", peut-on lire sous la plume de François Delattre, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et Emilie Piette, secrétaire générale du ministère de la Transition écologique et solidaire.

Le PNF a ouvert une enquête préliminaire qui vise Ségolène Royal.

Mardi 14 janvier, l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle de 2007 a publié sur Facebook une lettre de l'exécutif lui annonçant son licenciement de sa mission bénévole d'ambassadrice des pôles.

"Sur les 12 réunions initialement revendiquées par mes accusateurs, ils n'ont pu en justifier qu'une seule comme je l'avais dit suite aux vérifications administratives ", rétorque Ségolène Royal qui avait déjà avoué ne pas avoir participé à certaines rencontres, car elle faisait "attention au coût de ses déplacements [et] au bilan carbone ".

"A la mi-décembre, l'ex-ministre avait estimé qu'Emmanuel Macron était " bien-sûr " le responsable de la crise sociale actuelle et avait dénoncer " la brutalité de cette réforme des retraites ", réclamant dans le même temps son retrait.

Reste que l'ex-ministre ne devra pas se contenter d'exploiter cette cabale politique pour nourrir ses ambitions politiques puisqu'elle va également devoir faire face à des ennuis judiciaires.

L'ex-ministre conclut son message en indiquant qu'elle se "tient à la disposition des commissions Affaires étrangères et Développement durable pour témoigner sur tous ces travaux ainsi que pour défendre l'Institut polaire qui a besoin de moyens pour assurer encore mieux le rayonnement scientifique de la France".

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL