Voici le premier robot conçu à partir de cellules vivantes

Alain Brian
Janvier 19, 2020

En effet, des chercheurs de luniversité du Vermont, ainsi que ceux de luniversité Tufts ont créé les tout premiers robots vivants et autoréparateurs au monde entièrement faits à partir de cellules-souches de grenouilles. Cette prouesse, on la doit à des scientifiques américains de l'Université du Vermont et de Tufts, qui précisent dans leur étude parue dans la revue PNAS qu'il ne s'agit " ni de robots traditionnels ni d'une espèce animale connue, mais d'une nouvelle catégorie d'artefact: un organisme vivant et programmable.

"Ce sont de nouvelles machines vivantes".

Incapables de se reproduire, de se multiplier ou d'évoluer par eux-mêmes, les xenobots pourraient néanmoins disposer de systèmes nerveux ou être utilisés en tant qu'armes biologiques. Étant donné leur petite taille, ils peuvent parfaitement être injectés dans un corps humain afin d'y délivrer des médicaments de manière locale voire pour désobstruer des artères. "C'est un nouveau type d'individu: un organisme vivant programmable". Il faut aussi préciser que ces robots sont capables de se régénérer tous seuls après avoir été coupés.

Ces travaux se basaient sur des algorithmes évolutifs guidés par des règles de base sur la biophysique de ce que ces cellules peuvent faire. Ils pourraient servir à nettoyer des déchets radioactifs, à collecter des microplastiques dans les océans ou encore dans les soins médicaux.

Après avoir simulé des milliers d'assemblages potentiels pour une fonction visée, les organismes les plus prometteurs ont été sélectionnés pour être testés. Le microchirurgien Douglas Blackiston et ses collègues ont recueilli des cellules souches, prélevées sur les grenouilles, puis les ont séparées individuellement pour les laisser en incubation. À gauche le modèle proposé par l'ordinateur et à droite la forme de vie elle-même conçue à partir de ce modèle. Ils ressemblent plus à une minuscule goutte de chair rose en mouvement. La conception des xenobots a nécessité l'utilisation d'un superordinateur et d'un algorithme qui pourrait virtuellement rassembler quelques centaines de cellules de curs et de peaux de grenouilles dans différentes configurations et simuler les résultats. Ensuite, les cellules ont été coupées et remodelées en des formes spécifiques. Ainsi, elles peuvent aisément se mouvoir à lintérieur du corps humain dans lequel elles peuvent survivre pendant des semaines sans nourriture et travailler de concert.

Ces processus sont reconfigurables, ce qui permet de nouvelles formes de vie.

Selon les chercheurs, la construction de ces xenobots est un petit pas vers le déchiffrage de ce qu'ils appellent le code morphogénétique, qui fournit une vue complète de l'organisation des organismes, mais aussi de la façon dont ils gèrent l'information en fonction de leur histoire et de leur environnement.

Cette crainte n'est pas déraisonnable, puisque jouer dans des systèmes complexes qu'on ne comprend pas peut avoir des conséquences imprévues, estime Michael Levin.

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