15 000 contaminations supplémentaires et 242 nouveaux décès en 24H — Coronavirus

Evrard Martin
Février 14, 2020

Cette hausse spectaculaire est avant tout liée à ladoption dune définition élargie des cas dinfection.

Jeudi matin, une mise en quarantaine a été édictée pour la première fois au Vietnam, pour une commune de 10 000 habitants, près de Hanoi. Un premier bilan faisait état de près de 1500 décès. C'est le deuxième enregistré hors de Chine (qui concentre 99,9 % des morts du virus dans le monde) après celui d'un Chinois aux Philippines.

Ils laissent derrière eux une situation difficile.

La commission de la Santé de la province centrale du Hubei, épicentre de l'épidémie, a annoncé dans son bilan quotidien de ce jeudi 242 nouveaux décès. C'est de loin l'augmentation la plus forte enregistrée en vingt-quatre heures depuis que la crise a débuté en décembre dans le chef-lieu provincial, Wuhan.

Le nombre total de cas d'infection en Chine continentale (hors Hongkong et Macao), qui a lui aussi été révisé en raison de "doublons", s'établit par ailleurs à 63 851. Mais paradoxalement ils ne sont pas forcément synonymes d'une aggravation. Le virus, désormais officiellement appelé par l'OMS "Covid-19" - et non plus "2019-nCoV", le nom adopté à titre provisoire - y a provoqué la mort de 1 355 personnes, selon les autorités sanitaires chinoises.

Des responsables locaux ont indiqué avoir commencé à compter les cas diagnostiqués cliniquement pour s'assurer que les patients soient traités le plus tôt possible plutôt que de devoir attendre les tests de laboratoire pour confirmer qu'ils sont atteints de la maladie Covid-19. Auparavant, un test d'amplification de l'acide nucléique était nécessaire pour qu'un cas soit identifié. Les autorités chinoises justifient cette nouvelle méthode par leur "meilleure connaissance" de la maladie et de ses symptômes ainsi que par leur volonté de faire bénéficier au plus vite les patients d'un traitement.

Coïncidence ou pas: le plus haut responsable du Parti communiste chinois (PCC) dans le Hubei, Jiang Chaoliang, a été démis de ses fonctions le 13 février.

Le principal responsable communiste de Wuhan, Ma Guoqiang, a également été limogé. La colère est vive depuis quelques semaines, les autorités étant accusées par une grande partie des citoyens d'avoir tardé à réagir face aux premiers cas de la maladie, apparue sur un marché de Wuhan.

Un mécontentement qui s'est transformé en fureur après la mort vendredi de Li Wenliang, 34 ans, l'un des premiers médecins à avoir alerté sur l'émergence de l'épidémie. Les chiffres annoncés jeudi tranchent avec ceux de la veille: la Chine avait fait état du plus faible nombre de nouvelles contaminations depuis près de deux semaines.

Et le président chinois Xi Jinping s'est visiblement montré trop précipité en annonçant mercredi une évolution "positive" de la crise, quand le nombre de nouveaux cas avait diminué depuis trois jours.

À Genève, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est cependant voulue prudente. Michael Ryan, chef du département des urgences sanitaires de l'OMS, a déclaré: "Je pense qu'il est aujourd'hui beaucoup trop tôt pour tenter de prédire le commencement, le milieu ou la fin de cette épidémie". Sur les 44 nouveaux cas d'infection à bord, 43 sont des passagers et le dernier concerne un membre d'équipage.

Les autorités sanitaires du Hubei ont annoncé jeudi à la surprise générale un élargissement de leur définition des personnes contaminées par le nouveau coronavirus.

Dans l'Union européenne (UE), les ministres de la Santé doivent se réunir jeudi à Bruxelles pour discuter de l'épidémie.

Celle-ci pourrait amputer la croissance française de 0,1 point de pourcentage en 2020, a estimé le ministre de l'Économie Bruno Le Maire.

L'épidémie ou la crainte internationale d'une contamination a conduit mercredi les organisateurs du Salon mondial du mobile de Barcelone, la grand-messe annuelle de la profession, à annuler leur manifestation, prévue du 24 au 27 février.

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