Allemagne: le successeur potentiel de Merkel la critique sur l'Europe

Claudine Rigal
Février 17, 2020

Comme l'ont illustré les déclarations d'Emmanuel Macron, présent pour la première fois depuis son élection, ou celles d'un potentiel successeur de la chancelière, Angela Merkel n'a pas été épargnée.

Emmanuel Macron a tenu toutefois à préciser que ces manipulations n'étaient pas le seul apanage de la Russie. "Mais il faut se méfier, il n'y a pas que la Russie, il y a beaucoup d'autres pays", a-t-il déclaré, ciblant les "acteurs conservateurs de l'ultradroite américaine" qui ont été selon lui "intrusifs dans des élections européennes". "Face à ces attaques, nous avons très peu d'anticorps", a averti le président français, avant d'alerter sur la nécessité de "renforcer les défenses technologiques, les coopérations entre services" occidentaux afin d'identifier et "d'attribuer" ces attaques qui restent souvent anonymes.

" Des acteurs privés utilisent des technologies de + deep fake +, manipulent, pénètrent, diffusent de l'information à très grande vitesse de toutes natures, sans traçabilité, dans des systèmes démocratiques hypermédiatisés où tout se sait tout de suite, avec un effet d'émotion et d'intimidation", a-t-il déploré.

C'est ce qui ressort d'un discours qu'il a prononcé en Allemagne, à la Conférence de Munich sur la sécurité, et dans lequel il a parlé de la Russie, de la stratégie de l'Europe et de son avenir.

Les pays qui investissent le plus dans leur défense
Les pays qui investissent le plus dans leur défense Maryam EL HAMOUCHI- AFP

"Je ne suis pas prorusse, je ne suis pas antirusse, je suis pro-européen!", a-t-il martelé.

" On est exigeants, on ne cède rien sur nos principes mais on réengage le dialogue qui va prendre du temps, on réengage un dialogue stratégique parce qu'aujourd'hui la situation dans laquelle on est est la pire", a-t-il ajouté.

" Nos sanctions et les contre-sanctions (russes) nous coûtent au moins aussi cher à nous Européens qu'aux Russes pour un résultat qui n'est pas très positif", a-t-il notamment estimé. Emmanuel Macron n'a eu de cesse d'attaquer les positions allemande sur l'Europe depuis 10 ans, qu'il tente, pour l'instant en vain, de faire évoluer.

" Je n'ai pas de frustrations, j'ai des impatiences", a-t-il dit en appelant à " des réponses claires " du couple franco-allemand et de ses partenaires sur les défis européens, face au repli américain et au développement de la Chine. Il s'est ainsi montré satisfait d'une "nouvelle dynamique" marquant selon lui ces relations, mettant notamment en avant la réactivation du dialogue au format Normandie ou encore les récentes libérations de prisonniers réciproques entre la Russie et l'Ukraine.

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