Au procès Balkany, plaidoyer pour sortir de prison un homme "à terre"

Pierre Vaugeois
Février 12, 2020

L'état de santé de Patrick Balkany continue d'inquiéter ses proches.

Le parquet général a requis contre le couple des peines de prison ferme et dix ans d'inéligibilité, mais renoncé à demander l'incarcération immédiate du maire, pour des raisons médicales.

Dans le dossier de blanchiment, le parquet général a requis, mardi, une peine de cinq ans de prison, dont un avec sursis contre Patrick Balkany, et de quatre ans de prison dont deux avec sursis pour Isabelle Balkany, assortis dans les deux cas de 10 ans d'inéligibilité.

Face à la menace de l'exécution provisoire de la peine complémentaire d'inéligibilité, le couple Balkany, uni à la ville comme dans la vie depuis 44 ans, a choisi de se retirer de la course aux municipales de mars.

La question de sa remise en liberté sera examinée dès l'après-midi. Selon les experts, Patrick Balkany présente "un état général dégradé" jugé "pas compatible" avec la détention.

L'ancien baron des Hauts-de-Seine pourrait donc, si la cour fait droit à ses demandes, sortir de la maison d'arrêt parisienne de la Santé dès mercredi soir. Les Balkany attendent par ailleurs le 4 mars une décision de cette même cour dans le volet fraude fiscale de ce dossier.

S'ils ont reconnu quelques "fautes" et la propriété de la villa antillaise, ils contestent vigoureusement le montant des avoirs en cause et se targuent de n'avoir jamais détourné "un centime d'argent public".

En première instance, la justice a condamné le 18 octobre l'édile à cinq ans de prison pour blanchiment aggravé, avec incarcération immédiate, et son épouse Isabelle à quatre ans d'emprisonnement, mais sans mandat de dépôt, eu égard à sa santé fragile.

Le 13 septembre, Patrick Balkany, 71 ans, a été condamné à quatre ans de prison pour fraude fiscale et est incarcéré depuis lors.

L'État français, seule partie civile au procès, a demandé la confirmation de la somme obtenue en première instance, soit un million d'euros de dommages et intérêts, à payer solidairement par tous les auteurs de blanchiment: outre les époux Balkany, leur fils Alexandre et deux fidèles du maire de Levallois, qui n'ont pas fait appel et dont les condamnations pénales sont définitives. Ce recours serait suspensif, sauf si la cour d'appel délivrait des mandats de dépôt à l'audience et si l'exécution provisoire était prononcée.

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