Au Sénat, l'ultime appel des démocrates à destituer Trump — États-Unis

Claudine Rigal
Février 4, 2020

"Quand un président essaie de forcer un allié à l'aider à tricher dans nos élections, puis cherche à étouffer l'affaire, nous devons dire ça suffit ", a lancé l'élu démocrate et procureur en chef Adam Schiff en conclusion de son réquisitoire. Le président, qui brigue un second mandat, doit notamment revenir sur le "boom des cols bleus" et vanter son bilan en matière migratoire, poursuit cette même source, sans pouvoir dire si Donald Trump évoquera le procès qui assombrit sa campagne.

"Le président n'a rien fait de mal", a rétorqué l'avocat de la Maison Blanche Pat Cipollone, en demandant aux élus de "rejeter les chefs d'accusation" retenus contre Donald Trump, abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès. "Maintenant, rendez la justice de manière impartiale et condamnez-le", a déclaré Adam Schiff après avoir traité Donald Trump de président "sans boussole morale" dans un Sénat entièrement silencieux où étaient bien présents les 100 élus de la solennelle instance. Une mission carrément impossible pour les 47 Démocrates du Sénat, surtout que les Républicains inébranlables supportent ouvertement leur président, envers et contre tout. Suggérant à ses pairs d'opter pour une sanction moins radicale, il a introduit une motion de "censure" contre le président. Le président devrait a minima profiter de cette grand-messe pour vanter son bilan économique à moins de 300 jours de la prochaine présidentielle.

Alors que les avocats de Donald Trump demandent aux élus du Sénat d'acquitter purement et simplement leur client dans le procès de l'impeachment, les Démocrates ne veulent pas en démordre. Là où, d'ordinaire, les élus baissent les armes pour se concentrer sur les chantiers de l'année, le Congrès se trouve cette année divisé comme jamais en plein procès en destitution. Les électeurs sont d'après lui "fatigués" de ces investigations qui représentent un gâchis de temps, de ressources et d'énergie.

Selon les démocrates, le président a usé des moyens de l'État pour "salir" son rival et "tricher" à l'élection puis, une fois démasqué, il a tout fait pour bloquer l'enquête du Congrès. Dans son livre à paraître "The room Where", l'ancien conseiller à la sécurité nationale américaine révélait la semaine dernière que Trump aurait suspendu, devant lui, l'aide militaire à l'Ukraine pour ouvrir une enquête sur son rival Joe Biden.

Ce signalement a déclenché l'ouverture d'une enquête à la Chambre des représentants, contrôlée depuis janvier 2019 par les démocrates. "Vous ne pouvez pas faire confiance à ce président pour qu'il fasse ce qui est bon (.) vous ne le changerez pas et vous le savez", leur a-t-il dit, en estimant à "100%" la probabilité que le président essaie de "tricher" à nouveau pour remporter l'élection présidentielle du 3 novembre.

Adamn Schiff tente de culpabiliser les sénateurs républicains en jouant la corde sensible du moment historique. Certains ont bien reconnu ces derniers jours que le président avait peut-être commis ce qui lui est reproché, mais pour eux, cela ne justifie pas de le destituer à neuf mois du scrutin.

"Ce n'est pas bien d'être ici au début de la saison électorale", avec le premier vote de la primaire démocrate lundi soir dans l'Etat de l'Iowa, a poursuivi M. Cipollone. Selon lui, les sénateurs doivent "faire confiance au peuple américain".

Lundi encore, il a dénoncé sur Twitter une "mascarade" ourdie par "les démocrates-qui-ne-font-rien".

Les sénateurs républicains ont déjà donné raison à Donald Trump vendredi en refusant -avec deux défections seulement- de convoquer des témoins à ce procès.

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