"Ce plan de paix est un fromage suisse" — Abbas

Claudine Rigal
Février 13, 2020

"Nous avons rejeté ce plan car Jérusalem-Est ne ferait pas partie de la Palestine et cela suffit pour le refuser", a-t-il expliqué.

Fin janvier, l'administration de Donald Trump avait dévoilé son projet d'"accord du siècle" pour résoudre la crise entre Israéliens et Palestiniens. Selon un diplomate occidental, Washington a menacé de "mesures de rétorsion", notamment financières, les pays qui se positionneraient contre les Etats-Unis.

Le plan de paix israélo-américain retient une solution à "deux Etats", mais propose de créer une capitale d'un Etat palestinien à Abou Dis, un faubourg de Jérusalem, alors que les Palestiniens veulent faire de l'ensemble de Jérusalem-Est leur capitale.

La venue de Mahmoud Abbas mardi matin devant le Conseil de sécurité n'est pas remise en cause à ce stade, ont indiqué plusieurs sources diplomatiques. Parmi ses amendements au projet de résolution, Washington a demandé de supprimer la mention d'une vision à "deux Etats souverains et démocratiques " pour ne conserver que la qualification "d'Etats démocratiques ". Le projet prévoit un Etat démilitarisé pour la Palestine. Il intègre aussi sans les remettre en cause les colonies israéliennes et les territoires annexés par Israël, comme la vallée du Jourdain en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967, avec des frontières en rupture avec les lignes tracées à l'époque. Qu'est-ce qui vous donne le droit de les annexer?

"Pour l'ambassadrice américaine à l'ONU, Kelly Craft, le plan, qui s'accompagne d'un investissement de 50 milliards de dollars, " est réaliste et peut être mis en œuvre ". "Ce n'est pas un projet figé dans le marbre, à prendre ou à laisser", a-t-elle ajouté, évoquant " une proposition de début de dialogue ".

Dans une déclaration commune publiée avant la réunion du Conseil de sécurité, les membres de l'UE siégeant dans cette instance (Belgique, France, Allemagne, Estonie, plus la Pologne ancien membre) ont souligné leur engagement à aboutir à une solution à deux États, dont "un État d'un seul tenant, indépendant, démocratique, d'un seul tenant, souverain et viable" pour les Palestiniens.

Jeudi, Jared Kushner, gendre du président américain et artisan du plan de paix américain pour le Proche-Orient, avait résumé, d'une formule lapidaire, l'état d'esprit de la communauté internationale.

Composé des États-Unis, de la Russie, de l'Union européenne et des Nations unies, le Quartet pour le Moyen-Orient a été mis en place afin de réaliser une médiation dans le processus de paix israélo-palestinien.

Le chef de l'Autorité palestinienne avait tenu à maintenir son allocution à New York, et ce, en dépit du renoncement quelques heures auparavant d'un vote de rejet du plan de Donald Trump devant de Conseil de sécurité.

Mais dans la réalité, plusieurs pays dans le monde, y compris parmi les membres de ces organisations (Émirats arabes unis, Oman, Barheïn notamment pour le Golfe), n'affichent pas d'opposition catégorique aux États-Unis.

Selon l'ambassadeur israélien à l'ONU, Danny Danon, la paix ne peut pas intervenir si les Palestiniens ne changent pas de dirigeant.

" Ce n'est qu'une fois qu'il sera parti qu'Israël et les Palestiniens pourront aller de l'avant", a-t-il dit, provoquant l'indignation du secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, assis à sa droite, qui s'est dit " stupéfait ". L'ex-Premier ministre israélien Ehud Olmert (2006-2009), ne partage pas ce point de vue.

Alors que les Palestiniens ont refusé de traiter avec Trump, le considérant comme partial, Abbas a déclaré que ses premières rencontres avec le milliardaire devenu président avaient été positives.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL