Cette prime qui va faire grincer des dents les syndicats — SNCF

Xavier Trudeau
Février 2, 2020

Et quand les uns crient au scandale, elle répond tout bonnement qu'il s'agit d'une " tentative de polémique et de politisation.

La colère entre les syndicalistes et la SNCF ne risque pas de s'atténuer.

Publié le 30 janv. En effet, le groupe aurait distribué des primes allant de 300 € à 1500 € pour tous les cheminots qui n'auraient pas fait grève. Ces salariés non-grévistes de la SNCF viennent de recevoir une prime exceptionnelle sur leur fiche de paie pour avoir assuré leur travail en pleine période de grèves. C'est pire que du mépris. "Ça dresse les gens les uns contre les autres", estime le syndicaliste. "Certains vont se dire: 'je me suis battu, mon salaire est à 0 et d'autres vont avoir des primes'", poursuit-il.

Selon des courriers transmis aux cheminots non grévistes du Technicentre Paris Rive Gauche de Trappes (Yvelines), la SNCF a décidé de "récompenser" les agents qui "ont permis aux trains de circuler et aux clients d'être informés", tout en saluant l " engagement" de ces agents.

Si cette initiative est considérée par certains syndicats "comme un réel affront de la part de la SNCF", cela "ne sera pas suffisant pour mettre à nouveau le feu aux poudres", analyse Dominique Andolfatto, politologue spécialiste du syndicalisme et des relations professionnelles.

De son côté, dans une déclaration à la presse, la direction de la SNCF "confirme et assume l'attribution par des managers locaux de primes exceptionnelles à certains agents qui se sont mobilisés de façon exceptionnelle et sur une période particulièrement longue pour assurer la continuité du service public pendant la grève". "Dans la bataille contre la réforme des retraites, le patronat met les moyens des entreprises au service de la politique du gouvernement. La CGT-Cheminots va engager des procédures!", a ainsi protesté dans un tweet Laurent Brun, secrétaire général du premier syndicat de la SNCF.

"Ce n'est pas la première fois" que des non-grévistes reçoivent des primes, a ajouté Bérenger Cernon.

Accusant la direction de "pratique illégale et discriminatoire", Sud-Rail "ne s'interdit pas", lui non plus, "de saisir la justice", a indiqué dans un communiqué le troisième syndicat du groupe ferroviaire, qui dénonce aussi "d'autres procédés pour gratifier les non-grévistes, comme une soirée organisée dans un grand hôtel" à Paris.

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