" La fille au bracelet ", le visage opaque de l’adolescence

Pierre Vaugeois
Février 14, 2020

Il a l'intelligence de ne pas se concentrer uniquement sur le procès, mais de reconstituer des vidéos et des pièces du dossier qui permettent de rendre son vrai-faux fait divers crédible, pour servir son propos, à savoir observer les soubresauts intimes d'une famille lorsqu'un de ses membres est soumis à pareille accusation. Et, à travers elle, de porter un regard sur notre société et son humanité. Malgré le soutien actif de ses parents, tous deux professions libérales, et les conseils d'une avocate chevronnée, la jeune fille semble indifférente à son propre sort lorsqu'elle apparaît à ses juges. Lise, 18 ans, va troquer le bracelet de plage contre le bracelet électronique, le temps de son procès, qui va s'ouvrir au tribunal de Nantes. Elle est accusée d'avoir assassinée de sept coups de couteaux l'amie chez laquelle elle avait fait la fête, après avoir passé la nuit avec. Ni colère, ni émotion... Plus que le procès lui-même, c'est cet abîme entre le monde clos de l'adolescence et celui des adultes que filme ici avec brio Stéphane Demoustier, qui a montré dans ses précédents films (Terre battue, Allons Enfants), sa capacité à explorer le monde de l'enfance et des liens filiaux.

En plus de Mélissa Guers, le film " La Fille au bracelet " permet de découvrir l'actrice Anaïs Demoustier dans la peau d'une avocate générale très offensive. Les jurés bien sûr, la jeune procureure (Anaïs Demoustier), mais aussi son père (Roschdy Zem) et sa mère (Chiara Mastroianni).

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