La Turquie affirme avoir "neutralisé" plus de 100 soldats syriens — Syrie

Claudine Rigal
Février 11, 2020

Le régime syrien paiera "très cher " toute nouvelle attaque contre la Turquie, a averti ce mardi le chef de l'Etat turc: soit vous reculez dans la province d'Idleb, soit l'armée turque passe à l'action comme elle vient de le faire ce mardi alors qu'elle affirme avoir neutralisé plus d'une centaine de soldats syriens dans la région d'Idleb. Le même jour, une délégation russe venue à Ankara pour discuter de l'offensive syrienne dans la région d'Idleb est repartie sans accord apparent pour mettre fin aux combats, qui ont fait 13 morts en une semaine côté turc.

Les menaces de la Turquie, qui soutient des groupes rebelles et dispose de positions militaires dans cette région, interviennent alors que les forces syriennes loyalistes y grignotent du terrain, reprenant aux djihadistes et rebelles le dernier tronçon d'une autoroute clé.

C'est Damas qui a ouvert les hostilités; une manière d'adresser un message à Ankara: les forces turques doivent quitter le territoire syrien.

Ankara a évoqué un "crash", sans en revendiquer la responsabilité. Sur le site de l'accident, un correspondant de l'AFP a vu les dépouilles des deux pilotes ainsi que des débris de l'appareil.

Ankara a fait savoir, dans un communiqué, qu'elle avait appelé la Russie à mettre sans délai un terme aux attaques contre des postes d'observation turcs dans le nord-ouest de la Syrie, prévenant que de telles attaques ne resteraient pas impunies. Moscou avait expliqué que la mort de ces soldats, qui se seraient retrouvés sous le feu de Damas durant une opération contre des groupes terroristes, aurait pu être évitée si Ankara avait prévenu de son intention de mener une opération dans cette zone. Elles ont pris le contrôle entier de l'autoroute M5, un axe stratégique reliant Alep à Damas la capitale.

Les forces syriennes ont repris, mardi, pour la première fois depuis 2012, le contrôle intégral de l'autoroute Damas-Alep, dans le nord-ouest de la Syrie.

La Turquie, qui abrite 3,6 millions de réfugiés syriens, dit ne pas pouvoir en accueillir davantage.

"Les camps actuels de déplacés (.) sont bondés, et les abris dans des maisons deviennent rares".

Le conflit en Syrie, qui a fait plus de 380'000 morts, a jeté sur la route de l'exil plus de la moitié de la population d'avant-guerre.

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