Le patinage français au cœur d'un scandale — Violences sexuelles

Solenn Plantier
Février 5, 2020

Malgré sa mise à l'écart en 2001, Gilles Beyer a poursuivi sa carrière dans son club d'origine, les Français volants, présidé par son frère Alain, jusqu'à son éviction vendredi.

Mardi soir, à la sortie d'un bureau extraordinaire de la Fédération française des Sports de glace (FFSG), Didier Gailhaguet a repoussé toute décision sur une éventuelle démission, exigée par la ministre des Sports Roxana Maracineanu, à la fin d'une nouvelle enquête administrative diligentée par le ministère.

Au cœur d'un scandale de violences sexuelles d'ampleur après les accusations de viols formulées contre un entraîneur par plusieurs patineuses dont Sarah Abitbol, le président de la Fédération française des sports de glace Didier Gailhaguet a tenu un point presse, mercredi 5 février. Nathalie Péchalat [ancienne patineuse, cosignataire d'une tribune signé par 54 athlètes olympique qui "disent stop aux violences sexuelles"] essaie depuis trois ans de nous faire intervenir sans succès.

" Ces gamines sont des femmes que je connais bien, que j'aime bien et je suis atterré que leur vie soit brisée par la faute de salauds qui ont profité de leur innocence ", a-t-il affirmé, ajoutant: "notre fédération n'est absolument pas un ramassis de pervers sexuels (...) Je suis sali par des minables qui ne connaissent pas mon travail, ni l'homme que je suis ". Il est facile de venir baver sur les plateaux de télévision que tout le monde savait avant. " Une conférence de presse, prévue ce mercredi en début d'après-midi, qui est attendue dans ces moments d'incertitude pour la FFSG". Et d'ajouter: "Vous ne trouverez jamais mon nom dans des affaires de maltraitance d'enfants ou d'adolescents".

Dans le bras de fer engagé, Didier Gailhaguet ne peut en tout cas pas dire qu'il ignorait les problèmes posés par Beyer au tournant des années 2000, puisqu'il était précisément le destinataire du courrier de parents qui a donné la première alerte, comme le montre le rapport issu de l'enquête administrative, dont l'AFP a eu connaissance. Gilles Beyer avait été blanchi par une enquête de police, il n'avait pas de casier judiciaire.

" C'est une onde de choc qui s'est abattue sur les sports de glace, a affirmé Didier Gailhaguet". J'en tirerai les leçons. Je suis conscient de la gravité de la situation. " Pour cela, il faudrait que j'ai commis une faute".

Ce choix de Didier Gailhaguet de s'accrocher à la présidence qu'il occupe depuis 1998 (sauf une interruption entre 2004 et 2007) n'a pas fait l'unanimité en interne: quatre membres du bureau exécutif (sur seize) de la FFSG ont démissionné. "Il m'est demandé de démissionner après des faits qui remontent à 30 ans, que j'ai appris il y a une semaine et demi et alors que j'étais absent de la fédération ". Une réaction que le patron de la fédération a tenté de relativiser: "je peux comprendre que certains puissent ne pas supporter l'ambiance actuelle".

La demande de démission de Didier Gailhaguet est "évidemment partagée par l'ensemble du gouvernement", a déclaré mercredi la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, peu avant la conférence de presse très attendue du patron du patinage français.

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