Le Sénat américain veut limiter les actions militaires de Trump contre l'Iran

Claudine Rigal
Février 14, 2020

Le Sénat a voté à une large majorité (55 pour, 45 contre) cette résolution initiée par les démocrates et soutenue par huit élus républicains qui ont pourtant la majorité. Jeudi 13 février, le Sénat américain a adopté à une large majorité une résolution destinée à brider une action militaire de Donald Trump contre l'Iran.

La mesure, qui devrait facilement être adoptée par la Chambre des représentants, a une portée symbolique, puisque le président Trump y opposera vraisemblablement son veto.

Le vote revêt pourtant un caractère plutôt symbolique, étant donné que le Président a d'ores et déjà annoncé qu'il mettrait son veto à cette résolution.

Rappelant que le pouvoir de déclarer la guerre, en vertu de la Constitution, revient au Congrès, le texte ordonne au président de mettre fin au recours aux Forces armées des États-Unis pour des hostilités contre la République islamique d'Iran [.] sauf si cela est explicitement autorisé par une déclaration de guerre ou une autorisation spécifique d'utilisation de la force militaire contre l'Iran.

L'adoption de ce texte lancerait "un très mauvais signal" pour la sécurité des Etats-Unis, a-t-il mis en garde mercredi sur Twitter.

"Si mes mains étaient liées, l'Iran s'en donnerait à coeur joie (.) Les démocrates ne font ça que pour embarrasser le parti républicain". Téhéran avait répliqué quelques jours plus tard en tirant des missiles sur des bases utilisées par l'armée américaine en Irak. La version présentée par le sénateur démocrate Tim Kaine a été amendée pour obtenir le soutien de certains sénateurs républicains, indignés par les informations parcellaires données par la Maison Blanche sur la spectaculaire opération contre le chef de la Force al-Qods, l'unité d'élite du régime iranien chargée des opérations extérieures.

L'opération avait été décidée personnellement par le Président des États-Unis, sans aucune consultation avec le Congrès. Elles n'étaient pas limitées dans la durée.

En 2019, Donald Trump avait déjà subi un camouflet quand le Congrès avait voté une résolution exigeant l'arrêt du soutien américain à la coalition militaire saoudienne dans la guerre au Yémen, à l'exception des opérations visant les groupes jihadistes.

La question de savoir qui doit prendre la décision d'éventuelles opérations militaires contre l'Iran est devenue d'actualité après que, le 3 janvier 2020, le général Soleimani a été assassiné à proximité de l'aéroport international de Bagdad dans une frappe ordonnée par Donald Trump.

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