L'ONU diffuse la liste de 112 sociétés opérant dans les colonies israéliennes

Claudine Rigal
Février 13, 2020

" J'ai conscience que ce sujet a été, et continuera d'être, matière à controverse ", a prévenu la Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU Michelle Bachelet, tout en soulignant que ce rapport se " basait sur des faits ". "Publier cette liste d'entreprises et d'entités qui opèrent dans les colonies est une victoire pour le droit international et nos efforts diplomatiques afin d'assécher les puits du système colonial incarné par les colonies illégales dans les Territoires palestiniens occupés", a déclaré Riyad al-Maliki. L'ONU a diffusé mercredi 12 février une liste de 112 sociétés ayant des activités dans les colonies israéliennes de Cisjordanie, qui sont considérées comme illégales au regard du droit international.

Dans une réaction, le ministère des Affaires étrangères d'Israël a qualifié cette liste de " reddition honteuse aux pressions de pays et d'organisations qui veulent causer du tort à Israël ".

Le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) Saëb Erakat a également salué un "premier pas crucial pour restaurer l'espoir dans (.) le droit international". Celui-ci se base "sur des faits" et "n'entend pas constituer un processus judiciaire ou quasi-judiciaire", a-t-elle insisté: il n'a pas pour objectif de servir de base à un boycott.

À l'inverse, les Palestiniens ont qualifié la liste de "victoire" pour le droit international, a réagi mercredi le chef de la diplomatie palestinienne.

La liste comprend 94 entreprises ayant leur siège en Israël, dont plusieurs banques (Leumi, Bank of Jerusalem et d'autres) et des firmes dans des secteurs divers comme l'industrie, les télécoms ou l'alimentaire notamment.

Le rapport, supposé être publié il y a trois ans, a régulièrement vu sa parution repoussée.

Les services de Mme Bachelet ont indiqué avoir passé en revue plus de 300 sociétés.

Les compagnies figurant sur la liste n'ont toutefois pas vocation à y rester pour toujours, le rapport demandant une révision annuelle, et leur sortie s'il est démontré que les activités en question ont cessé.

Citant avec conviction que "l'inscription d'entreprises israéliennes dans la liste noire du Conseil des droits de l'homme de l'ONU pourrait exposer ces entreprises à des procédures judiciaires, incitant les sociétés internationales à se retirer de leurs investissements en Israël".

Le conseil de Yesha, la plus importante organisation de colons, a pour sa part dénoncé la publication de cette liste: l'ONU a "une fois encore prouvé qu'elle était un organisme (.) non neutre qui agit contre l'État d'Israël".

La colonisation par Israël de la Cisjordanie occupée et de Jérusalem-Est s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais elle s'est accélérée ces dernières années sous l'impulsion du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de son allié à Washington, le président Donald Trump.

En incluant Jérusalem-Est, secteur de la Ville sainte également conquis par Israël en 1967 puis annexé, plus de 600 000 colons sont établis dans les Territoires palestiniens occupés.

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