L'Organisation mondiale de la santé décrète l'urgence — Coronavirus

Evrard Martin
Février 1, 2020

Les Etats-Unis ont enjoint à leurs ressortissants de ne pas voyager en Chine, où le bilan du nouveau coronavirus s'est alourdi vendredi à 213 morts, alors que de nombreux pays durcissaient leurs mesures de précaution face à une épidémie déclarée urgence internationale par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le nombre de patients contaminés approche 10 000 en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), dépassant celui atteint lors de l'épidémie de Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003.

Et 102.000 personnes sont en observation avec de possibles symptômes de la maladie, selon les autorités.

Une vingtaine de pays ont annoncé avoir confirmé des cas de contamination.

"Je déclare l'épidémie une urgence de santé publique de portée internationale", a lancé le directeur de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse. L'organisation avait déjà admis lundi que la menace était "élevée" à l'international. Le virus est probablement apparu dans un marché de Wuhan, la capitale de la province de Hubei, où des animaux sauvages étaient vendus.

De son côté, Washington a annoncé vendredi que les 195 Américains rapatriés de Wuhan étaient soumis à une quarantaine obligatoire de 14 jours, la première décrétée par l'Etat fédéral depuis les années 1960.

Depuis jeudi soir et l'annonce par la ministre de la Santé Agnès Buzyn d'un sixième patient contaminé en France par le coronavirus, ce bilan n'a pas bougé.

"La population devrait beaucoup faire attention, car il y a un grand nombre de commerçants, surtout des femmes qui voyagent en chine et qui peuvent importer le coronavirus".

En Italie, aucun cas n'a été finalement détecté parmi les 7.000 passagers d'un navire de croisière confinés à bord jeudi.

Pékin s'en est aussi pris à Washington, qui a recommandé à ses ressortissants de ne pas se rendre en Chine ou de quitter ce pays s'ils s'y trouvaient: "Les mots et les actes de certains responsables américains ne sont ni fondés sur les faits ni appropriés", a fustigé une porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying. Dans les dernières 24 heures seulement, le virus a fait 46 morts supplémentaires, ont annoncé samedi les autorités sanitaires locales. Si les magasins et restaurants restaient pratiquement tous fermés, on voyait toutefois dans les rues un peu plus de piétons que les jours précédents, selon des journalistes de l'AFP. Berlin envisage également d'évacuer quelque 90 Allemands "dans les prochains jours".

A Wuhan, qui garde des allures de ville fantôme, la circulation des véhicules non essentiels est interdite, les hôpitaux restent débordés et des milliers d'étrangers demeurent sans certitude de pouvoir partir. "J'ai l'impression qu'ils ne se soucient pas de nous. Je pourrais mourir de faim, être infectée et mourir", se désolait jeudi Aphinya Thasripech, une Thaïlandaise trentenaire enceinte. Tokyo n'a pas imposé de quarantaine à ses rapatriés. Ils seront mis à l'isolement durant 14 jours dans un centre de vacances à proximité. Les Britanniques subiront la même mesure sur une base militaire près de Londres.

Dans le même temps, d'autres pays ont également annoncé des mesures de protection, comme l'Australie, qui a décidé l'interdiction immédiate d'entrée sur son territoire de tous les non-résidents arrivant de Chine. Plusieurs compagnies aériennes, dont Air France, British Airways et Lufthansa, ont suspendu leurs vols vers la Chine continentale.

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