Perquisition au siège des éditions Gallimard — Affaire Gabriel Matzneff

Claudine Rigal
Février 12, 2020

Une perquisition était en cours ce mercredi au siège des éditions Gallimard, à Paris, dans le cadre de l'enquête ouverte contre l'écrivain Gabriel Matzneff pour "viols sur mineurs" de moins de 15 ans, selon une source proche du dossier, confirmant une information de Mediapart.

La perquisition, révélée par Mediapart, a débuté mercredi matin et s'est achevée en tout début d'après-midi. Une source proche des investigations rappelle aussi que les enquêteurs s'intéressent de près au profil de Christian Giudicelli, proche de Gabriel Matzneff et membre du comité de lecture de Gallimard, qui l'a accompagné dans ses voyages aux Philippines, lors desquels il se vante d'avoir abusé de petits garçons.

Selon Mediapart, ce coffre-fort a été "localisé" par les enquêteurs.

Les enquêteurs se sont déjà rendus en janvier dans les locaux de Gallimard, mais pour y chercher les ouvrages de Gabriel Matzneff.

L'homme porte une toge et des vêtements sur son bras
Emmanuel Pierrat l'avocat de Gabriel Matzneff arrive au tribunal à Paris le 12 février

Dans le cadre de cette enquête, le parquet a annoncé qu'un appel à témoins avait été lancé par l'Office central de répression des violences faites aux personnes, pour retrouver des "victimes". "S'il y a eu d'autres victimes", il faut "leur permettre de s'exprimer, de prendre en compte leur parole et de poursuivre l'auteur des faits" expliquait le procureur, de Paris, Rémy Heitz, ce mardi 11 février.

Elle est à ce jour la seule femme à avoir témoigné publiquement parmi les adolescentes séduites par Gabriel Matzneff, dont le comportement, décrit dans ses propres livres, a longtemps été toléré dans le monde littéraire parisien. Déconcerté, Matzneff l'a aussi été lorsqu'il a appris que le livre de Vanessa Springora, avait été décidé lorsqu'il a reçu le prix Renaudot.

Dans sa citation à comparaître, que l'AFP a pu consulter, l'association évoque trois articles parus entre fin décembre et début janvier dans les hebdomadaires l'Obs et L'Express, ainsi que dans le quotidien le Parisien, et accuse l'écrivain d'avoir fait l'apologie d'actes pédophiles "et précisément de crime de viol aggravé" en évoquant la relation qu'il a eue avec Vanessa Springora.

L'écrivain a été cité à comparaître par l'association de prévention de la pédophilie l'Ange Bleu.

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