Proche-Orient : Escalade militaire entre la Syrie et la Turquie

Claudine Rigal
Février 4, 2020

Mais l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG, a de son côté fait état de six soldats du régime tués.

L'intensification de l'offensive des forces de Bachar al-Assad et de ses alliés russes depuis plusieurs semaines, avec des bombardements aériens meurtriers pour les civils syriens, a provoqué un exode de la population.

Un mécanisme de coordination a été mis en place entre les armées russe et turque en Syrie pour éviter une confrontation mais il n'aurait pas fonctionné lors de l'attaque syrienne contre les soldats turcs.

Selon Ankara, les militaires turcs visés ont été envoyés à Idleb pour renforcer les quelque 12 postes d'observation turcs dans la région.

"Quatre de nos frères d'armes sont tombés en martyrs et neuf ont été blessés, dont un grièvement, par des tirs d'artillerie nourris des forces du régime", a déclaré le ministère turc de la Défense tôt lundi dans un communiqué. Pour une partie de la communauté internationale, Erdogan voulait tout simplement trouver un prétexte pour mater les forces kurdes, hostiles au régime d'Ankara et qui ont joué un grand rôle dans la neutralisation de l'État islamique en Syrie.

Ce lundi 03 Février, Recep Tayip Erdogan a annoncé que son armée a procédé à un raid aérien dans la ville syrienne d'Idlib causant la mort d'une trentaine de soldats syriens.

"Je veux m'adresser en particulier aux autorités russes: notre interlocuteur, ce n'est pas vous, c'est le régime (syrien)". "De ce fait, nous n'avons pas pu prévenir l'armée syrienne".

Ils ont été déclenchés par des tirs du régime sur des positions turques, a précisé l'OSDH, ajoutant que les soldats turcs ont riposté en tirant à l'artillerie sur des positions syriennes dans les provinces d'Idleb et dans celles voisines de Hama et Lattaquié.

Ces échanges de tirs inédits par leur intensité entre forces d'Ankara et de Damas font, selon l'AFP qui rapporte l'information, monter d'un cran la tension à Idleb, dernier bastion dominé par des terroristes et des rebelles en Syrie.

Le porte-parole du parti de Recep Tayyip Erdogan, l'AKP, a estimé que le régime syrien avait attaqué les soldats turcs car il se sentait "protégé par le parapluie russe". La région abrite aussi d'autres groupuscules djihadistes et des rebelles anti-régime affaiblis.

Au moins neuf personnes, dont quatre enfants, ont été tuées et 20 blessées dans de nouveaux raids sur le nord-ouest de la Syrie, selon l'OSDH. Dimanche, plus de 300 véhicules blindés de l'armée turque auraient franchi la frontière en direction du sud, tandis que des groupes rebelles syriens, soutenus par Ankara, ont lancé une contre-offensive contre l'armée du régime à l'ouest d'Alep. "Des avions de chasse ont visé une voiture qui transportait des déplacés", précise le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé samedi à cesser "immédiatement" les hostilités dans le nord-ouest de la Syrie, en se disant "profondément préoccupé" par l'escalade militaire.

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