Renault dans le rouge pour la première fois en dix ans

Xavier Trudeau
Février 14, 2020

La production du groupe français pour son partenaire nippon ainsi que Daimler s'est respectivement effondrée de 23 % et 31 % sur l'ensemble de l'année 2019. Il enregistre une perte nette de 141 millions d'euros, une première depuis 2009. Il subit aussi la chute de la contribution financière de Nissan, son allié japonais en difficulté, et l'abandon d'une créance fiscale en France se traduisant par une charge de 753 millions d'euros.

Le résultat d'exploitation recule de 30% à 2,11 milliards d'euros, manquant l'estimation moyenne des analystes de 2,65 milliards d'euros.

L'une de ses tâches sera de rétablir la confiance des investisseurs: l'action de Renault a chuté de près de moitié en un an et se trouve quasiment à son plus bas niveau depuis dix ans.

Le chiffre d'affaires du groupe s'est établi à 55,5 milliards d'euros, en baisse de 3,3% sur un an en données publiées et de 2,7% à taux de change constants. Mais 2019 lui a été particulièrement défavorable et ses ventes ont chuté de 3,4 %. À l'époque, il affirmait que l'affaiblissement des économies pesait sur les ventes de voitures sur les marchés clés tandis que des règles plus strictes en matière d'émissions faisaient grimper les coûts. La contribution de Nissan a été divisée par près de sept, à 242 millions d'euros, contre 1,5 milliard d'euros en 2018. Jeudi, de mauvaises nouvelles étaient encore arrivées du Japon où Nissan, détenu à 43% par Renault, a encore revu à la baisse ses perspectives après une chute de ses profits sur neuf mois. Les autres entreprises associées ont eu un impact négatif de 432 millions d'euros en raison de la contre-performance des coentreprises chinoises.

Pour 2020, Renault table sur une baisse du marché automobile mondial.

Le groupe a vendu 3,75 millions de véhicules en 2019, un volume en recul de 3,4%, et la tendance reste à la baisse sur le marché mondial de l'automobile cette année. "Nous n'avons aucun tabou et nous n'excluons rien", déclare Clotilde Delbos, la CEO ad intérim de Renault.

Renault a connu une année 2019 chaotique, marquée par l'échec de la fusion avec Fiat Chrysler Automobiles, qui s'est finalement rapproché du rival français PSA, et par des tensions chroniques avec son partenaire japonais Nissan.

A la suite de ces annonces, le titre Renault perd 3,2% à la Bourse de Paris, accusant l'un des plus forts replis du SBF 120.

"La visibilité pour 2020 reste limitée par volatilité attendue des marchés (.) et par les possibles impacts du coronavirus", a déclaré Clotilde Delbos, directrice générale par intérim, citée dans un communiqué. Même si Renault vend relativement peu de voitures en Chine, il exploite une usine en partenariat avec Dongfeng Motor Co. à Wuhan, la ville à l'épicentre de l'épidémie.

Par ailleurs, les prévisions 2020 ne tiennent pas compte d'un éventuel impact de la crise sanitaire du nouveau coronavirus, impossible à évaluer.

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