Scandale de la Dépakine : le laboratoire Sanofi mis en examen

Evrard Martin
Février 4, 2020

Le groupe pharmaceutique français Sanofi a annoncé lundi soir son inculpation pour tromperie aggravée et blessures involontaires dans l'affaire de la commercialisation de l'antiépileptique de référence Dépakine, une enquête ouverte en septembre 2016. Le valproate de sodium, commercialisé par Sanofi sous les marques Dépakine, Dépakote et Dépamide, ainsi que sous des marques génériques, est prescrit à des patients épileptiques et souffrant de troubles bipolaires. L'enquête avait été ouverte en septembre 2016.

Sanofi a avancé, dans un communiqué, que cette mesure permet au groupe de faire valoir tous ses moyens de défense et sera l'occasion de démontrer qu'il a respecté son obligation d'information.

L'association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anti-convulsivant (APESAC) représente 4000 personnes, la moitié sont des enfants malades.

Selon lui une quarantaine de personnes ont déposé plainte au pénal dans ce dossier d'une gravité extrême et qui concerne en réalité des milliers de victimes. Par ailleurs, le groupe a assuré vouloir continuer de coopérer avec les autorités judiciaires durant toute la procédure.

A la suite des premières plaintes de victime, une enquête préliminaire a été menée par le parquet.

Sanofi s'est retrouvé au cœur d'un autre scandale lié à la Dépakine, environnemental celui-ci, alors que son usine chimique de Mourenx (Pyrénées-Atlantiques), où était notamment produit le médicament, a été mise en cause en 2018 pour des émissions hors norme de rejets toxiques. Dans un rapport de février 2015, l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) avait estimé que Sanofi avait fait preuve d'une "faible réactivité", ajoutant que la société n'avait pas suffisamment informé des risques connus pour les patientes enceintes.

La Dépakine est au centre d'un retentissant scandale sanitaire depuis plusieurs années à cause des malformations congénitales provoquées chez les enfants de femmes sous traitement pendant leur grossesse.

Fin août 2016, le ministère de la Santé a reconnu que plus de 14 000 femmes enceintes avaient été "exposées " entre 2007 et 2014, lors de la présentation d'une étude conduite par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL