Une cyberattaque a touché le siège de Bouygues construction — Guyancourt

Xavier Trudeau
Février 2, 2020

" Une attaque virale de type ransomware a été détectée sur le réseau informatique de Bouygues Construction le 30 janvier", a rappelé le groupe dans un communiqué. Par mesure de précaution, les systèmes d'information ont été arrêtés pour éviter toute propagation.

Tout le matériel informatique du géant des télécoms et du bâtiment, le français Bouygues, était à l'arrêt vendredi 31 janvier, c'est dire l'ampleur de la cyberattaque lancée jeudi 30 janvier à son encontre. Le réseau informatique de l'entreprise a été fortement perturbé, engendrant des coupures de lignes téléphoniques et de messageries Internet pour les 3.200 salariés de Challenger. Par ailleurs, la section cybercriminalité du parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "entrave au fonctionnement d'un système de traitement automatisé de données ", "accès et maintien dans un système de traitement automatisé de données " et "extorsion en bande organisée ".

L'activité chantiers n'est pas affectée et le groupe a promis "un retour à la normale le plus rapidement possible". Les investigations ont été confiées à la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

Interrogé par l'AFP, Bouygues n'a pas souhaité confirmer ni commenter ces éléments et un nouveau point devrait être fait en début de semaine prochaine.

Le message précisait que toutes les messageries et applications étaient inaccessibles pour une "durée inconnue ". Ce phénomène devient de plus en plus fréquent, avec une intensité croissante, obligeant nombre d'entreprises à prendre le problème à-bras le corps, à l'heure de l'hyperconnectivité et d'un monde ouvert où les flux de données n'ont plus une seule frontière à franchir.

Par leur nombre et les dégâts provoqués, les rançongiciels (un code informatique malveillant empêchant la victime d'accéder au contenu de ses fichiers afin d'extroquer de l'argent) sont " la menace la plus sérieuse " visant les entreprises et les institutions, selon l'Agence française spécialiste de la sécurité informatique (Anssi). Les employés à l'étranger du groupe se sont, eux, retrouvés au chômage technique, faute d'accès à leur courriel professionnel, ajoute le quotidien.

Depuis le début de 2019, plusieurs entreprises ont dû expliquer à leurs actionnaires qu'elles avaient perdu des dizaines de millions d'euros de chiffre d'affaires à cause de cyberattaques paralysantes pour leur activité.

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