Controverse autour de la notion d'"immunité collective" au Royaume-Uni — Coronavirus

Claudine Rigal
Mars 17, 2020

" Nous pensons que ce virus est susceptible d'être un virus qui revient d'année en année et devient comme un virus saisonnier et les communautés en seront immunisées. Et ce n'est pas non plus souhaitable car il faut que la population acquiert une certaine immunité" a martelé dans les médias l'ex-chef de la recherche et développement du géant pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK).

Lundi après-midi, le Premier ministre Boris Johnson devait présider une nouvelle réunion du comité d'urgence COBRA, afin de coordonner la réponse actuelle du gouvernement au coronavirus, selon un précédent communiqué du gouvernement. Et donc que plusieurs millions développent une forme grave de la maladie.

" Pour les patients guéris, il y a une probabilité de rechute " , a déclaré Zhan Qingyuan, directeur de la prévention et du traitement de la pneumonie à l'hôpital de l'amitié Chine-Japon lors d'une conférence de presse le mois dernier.

Le gouvernement britannique de Boris Johnson, critiqué pour sa lenteur à prendre des mesures radicales face au coronavirus, s'apprête à revoir son approche et interdire les rassemblements de masse, selon des sources gouvernementales.

"On peut parler théorie, mais pour l'instant nous sommes dans une situation où il faut agir", a répliqué samedi la porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), sur les ondes de la BBC.

L'objectif du gouvernement britannique n'est pas d'éradiquer le virus, mais plutôt de limiter sa propagation pour éviter un " second pic " épidémique à l'hiver prochain selon M. Vallance le "chief medical officer", l'administeur en chef de soins de santé qui supervise la gestion des centres médicaux.

Le gouvernement a justifié son approche en expliquant que prendre des mesures drastiques trop tôt affaiblirait la capacité de la population à les accepter au pic de la crise. "Nous n'en savons pas assez sur ce virus, il n'a pas atteint la population depuis assez longtemps pour savoir quels sont ses effets sur le plan immunologique", a-t-elle ajouté. Si Downing Street semble avoir changé d'avis au sujet des rassemblements (ils pourraient finalement être limités à partir de la semaine prochaine selon des informations du Monde), aucune mesure de confinement stricte n'a été décrétée.

Le nombre de cas a franchi ce samedi 14 mars le cap du millier, avec 1140 personnes testées positives, contre 798 la veille. Mais un haut responsable de santé a estimé cette semaine que le nombre de personnes infectées se situerait en réalité entre 5000 et 10 000.

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