Coronavirus au Brésil : Jair Bolsonaro crée un tollé en s'opposant au confinement

Claudine Rigal
Mars 29, 2020

"Les autorités de certains États et municipalités doivent renoncer au concept de la terre brûlée: l'interdiction des transports, la fermeture des commerces et le confinement massif", a affirmé Jair Bolsonaro mardi 24 mars. De nombreuses familles et de nombreuses personnes travaillent pour lutter contre cette pandémie et vous, comme personne la plus importante de ce pays, devez également prier pour le bien de notre pays et notre peuple, a-t-il lancé sur Instagram.

"D'autres virus ont tué beaucoup plus que celui-ci et il n'y a pas eu toute cette agitation", a déclaré Bolsonaro à des journalistes devant sa résidence officielle. "Alors pourquoi fermer les écoles?" s'est interrogé M. Bolsonaro.

Des alliés de Jair Bolsonaro ont partagé sur les réseaux sociaux cette publicité au slogan #LeBrésilNePeutPasS'Arrêter.

Le Brésil a enregistré 2.201 cas de contamination au coronavirus et 46 décès, selon le dernier bilan connu mardi. C'est le cas du pasteur Silas Malafaia, qui avait pris les mesures de confinement pour une " tactique de satan ".

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Alors que son patron minimisait le virus, le conseiller à la sécurité nationale, Augusto Heleno, a ignoré mercredi l'avis médical de s'isoler pendant deux semaines, au lieu de retourner au travail sept jours seulement après sa mise en quarantaine après un test de coronavirus positif. Les emplois doivent être maintenus.

Concert de casserolesUne habitante participe au concert de casserole pour dénoncer l'attitude de Bolsonaro qui minimise l'épidémie.

Plus tôt dans la journée, le gouverneur de Sao Paulo, Joao Doria, ancien allié de Bolsonaro qui devrait être son rival lors de l'élection présidentielle de 2022, a accusé le chef de l'Etat de propager une "désinformation" avec une campagne publicitaire télévisée critiquant les restrictions en vigueur.

Dans les pays les plus touchés, les hôpitaux sont au bord de l'effondrement, les personnels de santé exténués et exposés à la contagion par manque de masques et de matériel adapté, et les victimes inhumées ou incinérées à la hâte.

Le chef de l'État s'est attiré les foudres d'une grande partie de la classe politique, en estimant qu'une paralysie de l'économie serait plus néfaste qu'un confinement généralisé.

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