Coronavirus: la vague enfle et le confinement pourrait se prolonger

Evrard Martin
Mars 23, 2020

L'épidémie a causé à ce jour la mort de 450 patients (78 supplémentaires vendredi) et entraîné l'hospitalisation de 5.226 malades, dont près de 1.300 en réanimation, selon le ministère de la Santé.

Pour l'heure, 43% des Français seulement se déclarent confiants en ce qui concerne la façon dont le gouvernement gère la crise, selon le baromètre quotidien BVA pour Orange et Europe 1, soit 12 points de moins que lors de la première mesure, entre mercredi et jeudi.

L'avis du Conseil est attendu pour lundi.

Confronté à un respect très inégal des mesures destinées à limiter la propagation de l'épidémie qui a déjà tué 562 personnes dans le pays, le gouvernement avait annoncé la multiplication de contrôles et de nombreux lieux publics ont été interdits pour éviter les sorties intempestives à l'occasion du premier week-end d'un confinement totalement inédit. En Chine, d'où est partie l'épidémie, le confinement de Wuhan, son épicentre, aura duré quelque 60 jours.

"La situation va continuer de s'aggraver ces prochains jours avant que les effets d'un confinement strict ne fasse ralentir l'épidémie", a lancé le DGS, en écho aux propos du président Macron dans le Journal du dimanche: "La vague est là". Il prévoit notamment un renforcement des sanctions pour celles et ceux qui ne respectent pas les règles du confinement.

A Paris, Anne Hidalgo a appelé samedi à " aller vers un confinement beaucoup plus sévère ". "Elle a défendu les marchés alimentaires en plein air de la capitale, mais en " accompagnant les ouvertures de mesures drastiques", dans un entretien au Parisien".

Sur le front médical, c'est toujours la pénurie de masques qui domine, ainsi que le débat sur une éventuelle généralisation des tests. Pour y remédier, le gouvernement a commandé "plus de 250 millions de masques". Tandis que, au total, 70 millions de masques ont d'ores et déjà été livrés, Olivier Véran a réaffirmé la nécessité dans les deux semaines à venir de les donner en priorité "aux personnels de santé en ville comme à l'hôpital et aux personnes intervenant auprès des personnes âgées", avec notamment 500.000 masques par jour pour les personnels des Ehpad. Pour les autres professions qui en demandent, le Conseil scientifique sera à nouveau consulté mardi notamment pour évoquer "le mode de répartition des masques". Le stock actuel est de l'ordre de 86 millions de masques, alors que les besoins sont estimés à au moins 24 millions de masques par semaine.

Mais le gouvernement n'envisage pas l'usage généralisé du masques dans la population, que l'OMS ne recommande pas.

Concernant l'utilisation de tests, réservés à certaines catégories de populations (fragiles, âgées, femmes enceintes, etc.), Olivier Véran a assuré que les autorités se préparaient à " les multiplier au moment ou nous lèverons le confinement ".

Pas de dépistage massif immédiat, comme l'a par exemple pratiqué avec un succès apparent la Corée du Sud.

Même aide de l'armée en Corse, où le porte-hélicoptères amphibie Tonnerre de la Marine nationale est arrivé tôt dimanche dans le golfe d'Ajaccio pour évacuer des patients atteints du Covid-19 vers des hôpitaux marseillais. A Mulhouse, où l'hôpital est totalement saturé, un hôpital militaire de campagne de 30 lits, en cours d'installation, devrait entrer en opération en "tout début de semaine", a indiqué la ministre des Armées, Florence Parly. Mais la défiance monte, relève Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'institut.

Comme le précise le gouvernement via sa page dédiée au Covid-19, "les patients présentant des signes de COVID-19 ne sont plus systématiquement classés et confirmés par test biologique (RT-PCR SARS-CoV-2) ".

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