Coronavirus : Non, l'Institut Pasteur n'a pas "créé" et "breveté" le coronavirus

Evrard Martin
Mars 19, 2020

La vidéo tourne en boucle depuis mercredi sur les réseaux sociaux et de très nombreux internautes y croient dur comme fer. Sur ce brevet figure l'inscription " Nouvelle souche de coronavirus associé au Sras et ses applications ". C'est bien sûr faux, comme le rappelle l'institut dans un communiqué. "L'institut Pasteur a inventé un candidat-vaccin, en 2004, contre un précédent coronavirus, le SARS-CoV-1", a déclaré l'institut". Ces derniers jours, des vidéos affirment que le coronavirus existait déjà depuis 2003.

L'auteur de la vidéo s'appuie sur un document authentique, mais il l'interprète de manière erronée. "Le brevet de 2004 décrit la découverte du virus puis l'invention d'une stratégie vaccinale contre ce virus, et NON l'invention du virus lui-même!" "Ce sont les séquences qui sont brevetées et elles sont ensuite utilisées pour créer des tests de dépistage et un vaccin", explique le directeur de l'unité Virus et immunité à l'Institut Pasteur, Olivier Schwartz. Si le descriptif du brevet utilise le terme "inventeur" pour désigner les chercheurs de l'Institut Pasteur, c'est une convention. En droit, ce mot signifie aussi le découvreur.

"Chez l'homme, il y a sept coronavirus identifiés à ce jour", indique Olivier Schwartz. Le chercheur précise également que "certains sont bénins et provoquent seulement des rhumes". Le terme coronavirus désigne donc en réalité une famille de virus. Ce virus est responsable de la maladie dite Sras. Et le savoir-faire développé en 2003 contre SARS-CoV-1, et le candidat-vaccin breveté en 2004, sont actuellement appliqués par les scientifiques concernés pour un projet en cours de vaccin potentiel contre SARS-CoV-2 (responsable de Covid-19), notamment en utilisant la plateforme rougeole. Environ 8.000 personnes avaient été infectées, 800 en sont mortes. "Les individus soutenaient ainsi que le coronavirus était " un virus breveté américain qui arrive à expiration le 23 janvier 2020", soutenant que l'épidémie avait été " lancée " par les États-Unis " pour vendre leurs vaccins avant expiration ". Il n'y avait donc plus de patients sur lesquels l'expérimenter.

" L'intérêt de breveter, c'est de protéger cette séquence pour pouvoir mettre au point des tests diagnostiques et des candidats-vaccins", explique Olivier Schwartz. Or, comme l'ont expliqué nos confrères du Monde, il s'agissait là aussi du SARS-CoV de 2002-2003, " qui n'a donc rien à avoir avec le coronavirus en cause dans l'épidémie actuelle ".

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