Covid-19: jusqu'à 25 millions d'emplois pourraient être perdus dans le monde

Xavier Trudeau
Mars 22, 2020

La crise économique et du travail créée par la pandémie de COVID-19 pourrait augmenter le chômage mondial de près de 25 millions, selon une nouvelle évaluation de l'Organisation internationale du Travail (OIT).

Tirant la sonnette d'alarme sur la progression du chômage, du sous-emploi et de la pauvreté, l'OIT estime dans un rapport préliminaire d'évaluation (Le Covid-19 et le monde du travail: impacts et réponses), que les travailleurs infectés auraient déjà perdus près de 30 000 mois de travail, avec pour conséquence un manque de revenus pour les travailleurs non protégés.

" Cependant, si nous voyons une réponse politique coordonnée au niveau international, comme cela s'est produit lors de la crise financière mondiale de 2008/9, alors l'impact sur le chômage mondial pourrait être considérablement plus faible", recommande l'Organisation.

"Ces mesures nécessitent lélargissement de la protection sociale, un soutien en matière de maintien des emplois (comme par exemple le travail partiel, les congés payés ou dautres aides) ainsi quun allégement fiscal et financier, y compris pour les microentreprises et les petites et moyennes entreprises", a détaillé l'OIT.

Les conséquences du Covid-19 sur l'emploi pourraient dépasser celles de la crise financière de 2008, relève l'OIT, rappelant que " la grande crise financière de 2008-2009 a provoqué une hausse de 22 millions du nombre de chômeurs dans le monde ".

"La baisse du nombre demplois entraînera des pertes massives en matière de revenus pour les travailleurs".

Les pertes de revenus pour les travailleurs seraient également énormes: "de 860 milliards de dollars à 3,4 billions de dollars d'ici la fin 2020", en fonction des deux scénario principaux retenus par l'OIT (l'un optimiste, l'autre le plus probable à ce stade). Elle impacterait, à son tour, la survie des entreprises et constituerait un frein à la résilience des économies.

"Il ne s'agit plus seulement d'une crise sanitaire mondiale, c'est aussi une crise grave en matière d'emplois ainsi qu'une crise économique majeure qui est en train d'avoir un impact considérable sur les populations ", affirme Guy Ryder, Directeur général de l'OIT.

"En 2008, le monde avait présenté un front uni pour sattaquer aux conséquences de la crise financière mondiale, et le pire avait pu être évité". Les femmes et les migrants sont également concernés.

"Tout doit être fait pour minimiser les dégâts causés à l'humanité dans ces temps difficiles", a souligné Guy Ryder, appelant au "dialogue social " et au respect des normes internationales.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL