Début d'un essai clinique européen, la chloroquine inclue — Coronavirus

Evrard Martin
Mars 23, 2020

Selon l'infectiologue Jad Ghosn, qui supervisera l'essai à l'hôpital Bichat, dans le nord de Paris, les patients seront répartis en cinq groupes: un groupe placebo traité pour les symptômes uniquement, un groupe pour tester l'efficacité d'un médicament anti-VIH (le Kaletra), un autre qui l'associera à de l'interféron bêta pour moduler la réponse immunitaire, un quatrième pour vérifier l'effet d'un antiviral développé contre le virus Ebola (le remdesivir).

Un essai clinique européen destiné à évaluer quatre traitements expérimentaux pour lutter contre le coronavirus a débuté en France, a annoncé dimanche 22 mars l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

L'essai va se dérouler auprès de 3 200 patients sélectionnés en Belgique, au Pays-Bas, au Luxembourg, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne et en France. D'autres pays vont peut-être s'y ajouter.

Cinq hôpitaux français participeront au départ, dont le CHU de Lille, l'IHU Méditerranée Infection n'en faisant pas partie, selon l'Inserm. Il sera progressivement étendu à plusieurs dizaines de centres, note le quotidien. "Notre stratégie d'ouverture de centre suivra la réalité épidémiologique de l'épidémie avec une priorisation à l'ouverture de l'essai dans des hôpitaux sous forte pression" explique Florence Ader.

Un essai adaptatifL'Inserm assure que la grande force de cet essai est son caractère "adaptatif".

Il est prévu qu'au moins 800 personnes hospitalisées en France pour une infection COVID-19 dans un service de médecine, ou directement en réanimation, soient incluses dans l'étude. Le choix de ces molécules s'est également basé sur la liste des traitements expérimentaux classés comme prioritaires par l'Organisation Mondiale de la Santé.

Les patients vont recevoir, de façon aléatoire mais transparente, soit des soins standards, soit des soins standards et du remdesivir, soit des soins standards ainsi que du lopinavir et et du ritonavir, soit des soins standards, du lopinavir, du ritonavir et de l'interféron beta, soit des soins standards et de l'hyroxychloroquine.

Au bout de deux semaines de traitement, les chercheurs vont effectuer une analyse de l'efficacité et de la sécurité du traitement pour chaque patient. Certes, cet essai présente des "limites ", comme le reconnaît Philippe Gautret, premier auteur de l'étude, mais il considère qu'il fallait le porter à la connaissance de la communauté scientifique.

Quand aurons-nous des résultats?

"D'ici à 15 jours, nous devrions avoir des données consolidées", a-t-il ajouté. Il a appelé par la même occasion à la prudence, car les traitements expérimentaux peuvent parfois avoir des résultats décevants.

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