La Bourse de Paris s'écroule à l'ouverture — Coronavirus

Xavier Trudeau
Mars 16, 2020

Après les pertes historiques de la semaine dernière, la Bourse australienne a ouvert la semaine par une chute inédite de 9,7%.

En Chine, la Bourse de Shanghai a terminé en baisse de 3,4 % à 2 789,25 points et celle de Shenzhen en repli de 4,83 % à 1 712,02 points.

En Europe, la Bourse de Paris plongeait à nouveau à l'ouverture lundi (-5,62 %). "Les autorités aident en injectant de l'argent mais ne peuvent stopper (la récession) ", ajoute Jasper Lawler.

Outre la Fed, qui a annoncé hier soir un abaissement du taux des Fed funds dans une fourchette de 0 à 0,25% et un programme d'achat d'actifs de 700 milliards de dollars, la BCE s'est dit prête à agir si nécessaire, tandis que la Banque du Japon a doublé son programme d'achat d'ETF tout en maintenant ses taux d'intérêt à -0,10%.

Concrètement, les banques centrales se sont entendues pour assouplir les conditions auxquelles elles s'échangent des devises entre elles, dans l'objectif de pouvoir garantir un approvisionnement suffisant des marchés, et au final du système économique tout entier, en dollar. Une manœuvre qui rappelle de mauvais souvenirs: la dernière fois que la Fed avait abaissé ses taux à un tel niveau remonte à décembre 2008, en pleine crise des " subprimes ".

Mais visiblement, c'est insuffisant pour rassurer les marchés.

En clair: Wall Street pourrait ouvrir en forte baisse lundi, si l'on en croit les indications des titres à termes, qui préfigurent souvent l'humeur au début de la séance officielle.

Et en baisse assez forte pour activer les "coupe-circuits", un dispositif de suspension des échanges lorsque la volatilité est trop forte.

Le manque de liquidités fait de plus en plus craindre aux marchés une crise financière, souligne l'agence de presse.

Rien n'y fait, malgré l'action de la Fed, en coordination avec cinq autres banques centrales, et la promesse du FMI de mobiliser sa capacité de prêts de 1.000 milliards de dollars pour aider les pays membres, la spirale baissière se poursuit sur les Bourses mondiales. Les statistiques du jour se sont révélées nettement pires que prévu pour la deuxième économie mondiale, paralysée par la lutte contre l'épidémie. Au cours des deux premiers mois de l'année, la production industrielle chinoise s'est contractée pour la première fois en près de 30 ans (-13,5%), tandis que les ventes de détail se sont effondrées (-20,5%). Mais cela ne suffit pas à soutenir la cote car "le coronavirus continue à se répandre à travers la planète et la demande de biens de consommation recule", a observé le courtier Guangzhou Wanlong Securities.

L'Europe a été déclarée comme le nouvel épicentre de la pandémie mondiale par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et la plupart des pays tournent au ralenti avec de nombreux commerces, services et entreprises en difficulté.

Les Etats-Unis prennent le même chemin avec des écoles fermées, des bars-restaurants dorénavant portes closes à New York comme à Los Angeles, tout comme les casinos du groupe MGM Resorts à Las Vegas.

Les marchés redoutent l'évolution de la pandémie aux Etats-Unis, qui représente un risque de récession même si le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, parle pour l'instant de "ralentissement". Le président de la Fed, Jerome Powell, a déjà prévenu que l'économie américaine serait "faible" au deuxième trimestre.

Sur le marché des changes, l'euro remontait par rapport au dollar à 1,1139 dollar contre 1,1088 vendredi à 19h GMT.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL