Le monde "tout simplement pas prêt" à faire face — Coronavirus

Claudine Rigal
Mars 21, 2020

Seuls 10 nouveaux cas ont été enregistrés mardi en Chine en dehors de la province du Hubei, où le virus a fait son apparition en décembre.

- De son côté, l'Iran, qui annoncé mercredi ses deux premiers cas, en recense désormais 43 et compte 12 décès.

Si le nombre de contaminations a encore bondi en Corée du Sud, atteignant près d'un millier de cas, la propagation du virus en Chine ralentit. En France, deux nouveaux cas de contaminations ont été recensés.

La Suisse a également annoncé un premier cas dans une région proche de l'Italie.

Et les précautions manquent parfois: le Japon a confirmé dimanche que le virus avait finalement été diagnostiqué chez une ex-passagère du Diamond Princess, rentrée chez elle par le train mercredi après avoir été considérée comme un cas négatif. En France, plus de 1400 cas de coronavirus sont confirmés, devenant le deuxième pays d'Europe le plus touché après l'Italie, dont l'intégralité du territoire est placé en quarantaine.

Selon le ministre, il s'agit d'un ressortissant italien arrivé en Algérie le 17 février.

"Cela devrait donner aux pays l'espoir que ce virus peut être contenu", a-t-il insisté, saluant une fois de plus les mesures drastiques prises par la Chine où des dizaines de millions de personnes vivent confinées depuis des semaines.

Mais les autorités appellent à ne pas céder à la panique. Aux Etats-Unis, les inquiétudes sont montées d'un cran alors que le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a recommandé aux Américains de commencer à se préparer à une propagation du coronavirus.

L'Organisation mondiale de la santé, qui a annoncé la nomination de six envoyés spéciaux, parmi lesquels David Nabarro, ancien coordonnateur de l'ONU pour Ebola au moment de l'épidémie qui toucha l'Afrique de l'Ouest, se montre particulièrement préoccupée par la menace que représente l'épidémie pour le continent africain, moins doté en structures hospitalières.

Ainsi la France, où le dernier cas concerne "un Français qui rentre d'un séjour en Lombardie" (nord), "invite" ses ressortissants à éviter les régions d'Italie à risque.

Les interrogations persistent cependant sur les méthodes des autorités sanitaires japonaises, qui ont autorisé cette semaine quelque 970 personnes à débarquer du navire après des tests apparemment négatifs au coronavirus.

Face à ces risques, l'Italie, le pays européen comptant le plus de cas et de morts, a organisé mardi une réunion des ministres de la Santé de pays voisins pour déterminer "des lignes d'action communes". Le bilan d'infections en Corée du Sud s'élève à 1.146 personnes touchées, après l'ajout de 169 nouveaux cas mercredi matin.

En Chine continentale en revanche, pays de très loin le plus touché par la pneumonie virale, l'heure semble au ralentissement. Cette tendance a conduit le directeur général de l'OMS à déclarer que l'épidémie avait atteint son sommet en Chine entre le 23 janvier et le 2 février, et que le chiffre quotidien des nouveaux cas avait "diminué régulièrement depuis lors". Le vice-ministre de la Santé en personne, Iraj Harirchi, a été contaminé.

La propagation du coronavirus en dehors de la Chine et l'intensité de l'épidémie en Italie, l'une des grandes économies européennes, ont sanctionné lundi les bourses mondiales, en particulier celle de Milan, ont fait chuter le prix du pétrole et ont déplacé les investissements vers des valeurs refuges telles que l'or ou la dette souveraine de pays sains.

A Rome, le pape François a exprimé mercredi sa proximité avec les personnes contaminées, tout en appelant, pour désamorcer les fausses rumeurs et la peur, à "éteindre la télévision et ouvrir la Bible".

Le ministère de la Santé a aussi fait état de 409 nouveaux cas de contamination, pour un total national de plus de 77.000.

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