Le recours à la géolocalisation pour lutter contre le coronavirus fait débat

Xavier Trudeau
Mars 29, 2020

Le groupe a accepté de communiquer les données de géolocalisation de ses clients à l'institution, tout comme sept autres opérateurs européens, pour déterminer l'ampleur des mouvements de population. Thierry Breton, le commissaire européen chargé du marché intérieur a formulé lundi dernier une requête dans laquelle il invite les entreprises concernées à fournir aux autorités des données de localisation anonymes. Ces indicateurs auront pour but notamment d'évaluer les variations de population "avant confinement" et "après confinement", "ce qui aidera à mieux prédimensionner le système de soins", selon Orange. C'est ainsi que les autorités sanitaires ont pu établir que 17% des Parisiens auraient quitté la ville à ce moment, comme l'avait révélé l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Uniquement votre géolocalisation. - Stéphane Richard, le PDG d'Orange, au micro d'Europe 1.

Ces informations de géolocalisation des smartphones permettront aux chercheurs de mieux analyser l'évolution de l'épidémie sur le territoire européen. Mais aussi "d'estimer les mobilités par zone pour vérifier l'effectivité des mesures de confinement".

Données individualisées ou anonymisées? Les données seront détruites une fois la crise sanitaire surmontée, a-t-il assuré, afin de répondre aux inquiétudes concernant de possibles violations de la vie privée.

Les opérateurs européens Orange, Deutsche Telekom, Telefonica, Telecom Italia, Telenor, Telia, A1 Telekom Austria et Vodafone ont été contactés par la Commission Européenne dans le cadre de la lutte contre l'épidémie de COVID-19. En revanche, lorsqu'il est nécessaire d'avoir recours à des données non anonymisées sans consentement, les Etats membres doivent mettre en place une législation spéciale, motivée par la "sécurité nationale" et la "sécurité publique", avait aussi souligné l'EDPB.

Et par ailleurs, le Contrôleur européen de la protection des données (EDPS) a tenu à rassurer en indiquant que le projet n'enfreint théoriquement pas les règles sur la vie privée, mais à la condition seulement de placer des garde-fous dans la danse.

Cette stratégie est déjà en œuvre ou en passe de l'être en Corée du Sud, en Russie ou encore en Israël au grand dam de ses détracteurs qui dénoncent une atteinte aux libertés individuelles.

"Il serait également préférable de limiter l'accès à ces données à des experts autorisés en épidémiologie spatiale, en protection des données et en données scientifiques", a déclaré le directeur de l'EDPS, Wojciech Wiewiorowski.

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