Le traitement à base de chloroquine testé en Europe — Coronavirus

Evrard Martin
Mars 23, 2020

"Dans les cas de pneumonie sévère, un antibiotique à large spectre est également associé".

Depuis la fin du mois de février, le professeur Didier Raoult, directeur de l'Institut médico-hospitalier de Marseille, à l'hôpital de La Timone, répète qu'il a sans doute identifié un traitement efficace, au moins en partie, contre le Covid-19.

Une position qui ne devrait pas manquer de faire réagir en bousculant les pouvoirs publics. Des "petits marquis parisiens", expression qu'il utilise pour qualifier ceux qui depuis la capitale, critiquent ses méthodes, au "soufflet anxiogène" qu'il considère être la crise du Covid-19, dont il est un des très rares médecins à sous-estimer la gravité, Didier Raoult a le sens de la formule. Alors que le gouvernement marocain a déjà acheté les stocks de Nivaquine (le médicament contenant la molécule) produits par Sanofi dans une usine de Casablanca, il est important de rappeler que rien ne sert de se ruer vers des achats en ligne de médicaments à base de chloroquine: son efficacité reste à démontrer et des malades du paludisme ont besoin de leur traitement. En France, plusieurs élus font monter la pression pour généraliser rapidement l'utilisation de la chloroquine.

À lire aussi: Jour de carence des arrêts maladies: qu'en est-il en plein Coronavirus? "Elle a un avantage, elle n'est pas chère". D'autres professionnels du corps médical placent le curseur au milieu: ils ne sont pas contre des tests, mais ils attendent de voir pour se prononcer favorablement ou pas en faveur de la chloroquine comme remède contre le coronavirus. "Est-ce que c'est parce que les grands labos aimeraient se faire de l'argent sur le dos de nos concitoyens?", a-t-il poursuivi. Mais on élargit tout de suite la prescription. "Il faut y aller, il ne faut pas attendre d'avoir la confirmation dans plusieurs semaines". De toutes façons qu'est ce qu'on risque? Et tous les gens qui meurent à cause du corona ont encore le virus.

"On a eu suffisamment de retard sur les masques, les tests, le confinement, pour qu'on n'en prenne pas sur le traitement", a-t-il encore observé. Finalement, après beaucoup d'atermoiements, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a accepté que six centres hospitaliers universitaires appliquent ce protocole, notamment le CGU de Lille, la Pitié Salpétrière ou le CHU de Nice à la demande de Christian Estrosi. "Je suis ça d'extrêmement près".

Si les résultats étaient concluants, "tout est prêt" et "nous pourrions aller vers une voie thérapeutique", a encore précisé le ministre de la Santé.

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