Les appels au report du second tour se multiplient — Municipales

Claudine Rigal
Mars 16, 2020

Au soir d'un premier tour des élections municipales marqué par une abstention record estimée entre 53,5 % et 56 %, dans un pays mis à l'arrêt par la pandémie de coronavirus, plusieurs responsables politiques à réclamer le report du second tour.

Jamais une élection ne se sera déroulée dans un tel contexte en France. "Il est clair que l'annonce du premier ministre, samedi soir à 19h40, du stade 3 a créé un mouvement de panique", a déploré l'élu vendéen.

Les premières remontées montrent que " nous nous maintenons ou nous progressons", s'est félicité en début de soirée le numéro 2 de LR Guillaume Peltier, en pointant un " vote-sanction " des électeurs face à l'" incapacité du macronisme à s'implanter dans les territoires ".

Chez les écologistes, le maire de Grenoble Eric Piolle est donné à 44% au premier tour.

A Marseille, la candidate LR Martine Vassal, qui doit faire face à une dissidence, est donnée très légèrement en tête (23%) devant la liste de gauche de Michèle Rubirola (21%).

À Toulouse, le sortant Jean-Luc Moudenc, soutenu par LR et LREM, était pour sa part bien placé (35,3 %).

À Bordeaux, le candidat écologiste Pierre Hurmic (EELV) est au coude-à-coude avec le maire sortant Nicolas Florian (LR, 33,4-34%), successeur d'Alain Juppé, selon les dernières estimations.

Au Parti socialiste aussi, groggy depuis ses déroutes à la présidentielle et aux européennes, la tenance semblait plutôt à la conservation des bastions. Elle est suivie par la candidate Les Républicains (LR) Rachida Dati (22% des voix) et l'ancienne ministre de la Santé LREM Agnès Buzyn (17% des voix).

À Rennes (25,3 %), Lille (23,5 %) Nantes (19 %), ils s'affirment aussi comme davantage que des forces d'appoint pour les maires sortantes PS Nathalie Appéré (32,7 %), Martine Aubry (30 %) et Johanna Rolland (32 %). Joli symbole, à Metz, le candidat socialiste Mathieu Klein devance le maire sortant Laurent Hénart, de trois points.

"J'appelle solennellement le président de la République à réunir les chefs de partis dès demain matin pour tirer les leçons de ce premier tour, garantir la transparence sur les avis scientifiques et organiser le report du second tour", réclame dimanche 15 mars Yannick Jadot, le chef de file d'Europe-Ecologie Les Verts, alors que le nombre de victimes du coronavirus s'accroit.

Le parti présidentiel enregistre des résultats décevants.

Ils devront se consoler avec les performances des membres du gouvernement.

Le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, tête de liste, à Tourcoing (Nord) a lui été réélu dès le 1er tour avec, 60,88% des voix. Ou le premier d'entre eux, Edouard Philippe, en tête au Havre avec 43% des suffrages. Les candidats autorisés à se maintenir auront jusqu'à mardi 18 h pour trouver des alliés ou fusionner leurs listes en vue du second tour. Quant à la présidente du RN, Marine Le Pen, elle a considéré que le scrutin de dimanche prochain ne pouvait "manifestement" pas avoir lieu.

Le RN, qui dirige une dizaine de villes, est en mesure de conquérir Perpignan, où Louis Aliot est qualifié pour le second tour (35 %). "Nous avons parfaitement entendu les partis politiques et nous aurons une consultation des partis politiques sous la houlette du Premier ministre", a aussi précisé la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye. A Bordeaux, le candidat EELV arrive deuxième avec moins de 100 voix de retard.

L'abstention va-t-elle être plus forte cette année?

En cas d'aggravation de la situation sanitaire, un report du second tour rendrait donc le premier caduc et obligerait les électeurs à revoter pour les deux tours.

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