Londres promet de soutenir son économie "quoi qu'il en coûte" — Coronavirus

Evrard Martin
Mars 19, 2020

Le ministre des Finances Rishi Sunak doit présenter mardi après-midi un ensemble de mesures destinées à soutenir les entreprises touchées par l'épidémie, après avoir annoncé la semaine dernière un financement d'urgence de 12 milliards de livres (13,2 millions d'euros).

Londres offrira la garantie de l'État sur les prêts aux entreprises atteignant 330 milliards de livres (363 milliards d'euros), une somme qui pourra être augmentée si besoin, et des aides de 20 milliards de livres.

"Nous sortirons de cette situation et nous ferons tout ce qu'il en coûte", a-t-il ajouté, promettant d'autres mesures dans les prochains jours.

Les ménages en difficulté financière seront dispensés de payer leurs crédits immobiliers pendant trois mois.

Lundi soir, le Premier ministre Boris Johnson a demandé à la population d'éviter tout contact et déplacement "non essentiel" et recommandé aux personnes âgées et femmes enceintes de s'isoler pendant trois mois.

Toujours selon la presse britannique, outre la fermeture des pubs et des restaurants, ou encore des écoles, mesures déjà mise en place dans plusieurs pays en Europe, le gouvernement anglais envisage des réquisitions de cliniques et même d'hôtels pour soigner les patients.

Sans y être officiellement obligés, les musées de la Tate, le Royal Albert Hall ou le Royal Opera House ont fermé leurs portes.

La compagnie aérienne Virgin Atlantic a elle salué le "soutien sans précédent du gouvernement" qui permettra d'accompagner le secteur aérien, "confronté à la plus grande crise de son histoire".

Avec 32 décès de plus en Angleterre et un en Ecosse, le bilan est désormais de 104 morts au Royaume-Uni, soit une augmentation de près de moitié en une journée.

Officiellement, l'épidémie a fait 71 morts et contaminé 1.950 personnes, selon le dernier bilan donné mardi. "Et ce n'est pas non plus souhaitable, car il faut que la population acquière une certaine immunité", a expliqué dans la semaine le conseiller scientifique du gouvernement, Patrick Vallance.

Elles constituent cependant un net renforcement par rapport à la stratégie controversée adoptée jusqu'alors, qui consistait essentiellement à isoler les personnes présentant des symptômes ou revenant de zones à risque pour alléger la pression sur les services de santé et favoriser l'émergence d'une "immunité collective".

Par ailleurs, le Royaume-Uni a déconseillé mardi à ses ressortissants tout voyage à l'étranger "non essentiel", dans un premier temps pour 30 jours.

Mais des mesures plus fortes réduisant les contacts, similaires à celles annoncées lundi, pourraient en revanche réduire à "quelques milliers ou dizaines de milliers" le nombre de décès au Royaume-Uni.

"Si l'on peut limiter le nombre (de morts) à 20.000 ou moins, cela sera un bon résultat", bien que "cela reste terrible", a jugé M. Vallance.

Selon l'Imperial College, la principale difficulté de la nouvelle stratégie sera cependant d'être maintenue "jusqu'à ce qu'un vaccin soit disponible", ce qui pourrait prendre au moins 18 mois.

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