L'usage de la Chloroquine encadré — Coronavirus

Evrard Martin
Mars 24, 2020

Si Didier Raoult déclare bien qu'il "ne participe plus au Conseil scientifique réuni autour d'Emmanuel Macron ", le journal précise aussitôt "qu'il ne démissionne pas". En effet, au mois de février déjà, les travaux de trois chercheurs chinois révélaient les réussites du traitement à la chloroquine, habituellement utilisé contre le paludisme, pour traiter le coronavirus.

Face à la propagation de cette maladie très contagieuse, plusieurs autres Etats ont donné leur feu vert pour l'utilisation de la chloroquine.

Le médecin avait par ailleurs ouvert son établissement au dépistage du Covid-19, malgré la désapprobation de ses collègues. Quant à Donald Trump, il en a vanté les mérites à plusieurs reprises.

Atypique et anticonformiste, il défend bec et ongles la chloroquine comme traitement, dans la presse et dans des vidéos très partagées sur internet, comme sur la chaîne Youtube de l'IHU, qui enregistrait plus de 44.000 abonnés le 24 mars. Une décision qui ne fait pas l'unanimité dans la sphère scientifique, alors que les essais cliniques ne sont pas terminés.

Mais des voix appellent à la prudence, insistant sur la nécessité d'attendre de vastes essais cliniques menés selon la stricte orthodoxie scientifique pour valider ou non le traitement.

Le comité scientifique "exclut toute prescription dans la population générale ou pour des formes non sévères à ce stade, en l'absence de toute donnée probante", a-t-il souligné.

Cité dans le monde entier, il explique: "Associé à la prise d'antibiotiques ciblés contre la pneumonie bactérienne (l'azythromycine), le traitement [à l'hydroxychloroquine] a totalement guéri les sujets dans la semaine, alors que 90 % des malades qui n'ont pas pris le traitement sont toujours positifs ".

"Malgré la petite taille de l'échantillon, notre étude montre que le traitement à l'hydroxychloroquine est associée, de façon significative à une diminution/disparition de la charge virale (.) et ses effets sont renforcés par l'azithromycine", selon l'étude cosignée par le Pr Raoult.

Comme le rapporte une correspondante de RT au Venezuela, la république bolivarienne a également annoncé le début de l'administration de la chloroquine par voie orale, "non seulement aux patients infectés par le CoviD-19, mais à leurs contacts étroits (environ 15 personnes en moyenne) ainsi qu'au personnel de santé qui s'occupe des patients positifs".

De son côté, l'AP-HP (hôpitaux publics parisiens) a constaté une forte demande en hydroxychloroquine des pharmacies d'hôpital depuis le 20 mars 2020.

Au niveau européen, un essai clinique baptisé Discovery, a été lancé dans plusieurs pays pour tester des traitements expérimentaux, dont l'hyroxychloroquine, un essai qui "inclura au moins 800 patients français atteints de formes sévères du COVID-19" selon l'Inserm (communiqué du 22 mars).

D'où le rappel très ferme de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) lundi, qui "condamne l'usage de médicaments sans preuve de leur efficacité", mettant en garde contre les "faux espoirs", dans une allusion à peine voilée à la publication de l'IHU.

Elle n'est pas non plus "en double-aveugle", une méthode qui fait que médecins et patients ignorent qui reçoit le traitement.

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