Guérison d'un deuxième patient, presque 10 ans après le premier — Sida

Evrard Martin
Mai 8, 2020

Une avancée sur le front médical du combat contre la maladie, mais ce cas sera difficilement généralisable. Près de dix ans après le premier cas confirmé d'un patient souffrant du VIH et qui s'en était débarrassé, ce deuxième cas, connu comme "le patient de Londres", n'a manifesté aucun signe du virus depuis 30 mois malgré l'arrêt des traitements antirétroviraux, selon les résultats publiés dans la revue The Lancet HIV. Le médecin avait toutefois alors appelé à la prudence, insistant sur le terme de rémission et non de guérison, demandant plus de temps.

Un an s'est écoulé depuis qu'ils ont annoncé qu'il n'était plus porteur du virus et qu'il n'est toujours pas infecté par le VIH. "Nous suggérons que nos résultats représentent une guérison du VIH", est-t-il ainsi déclaré, alors que les médecins ont notamment testé des échantillons de sang, et de tissus.

Mais ce ne sera pas un traitement pour les millions de personnes vivants avec le VIH dans le monde.

Et les médicaments anti-VIH actuels restent très efficaces, ce qui signifie que les personnes atteintes du virus peuvent vivre longtemps et en bonne santé.

La guérison du "patient de Londres" intervient neuf ans après celui de Berlin. "Il y en aura probablement d'autres, mais cela prendra du temps ".

Pour rappel, près de 38 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, mais seules 62 % bénéficient d'une trithérapie. La procédure utilisée pour les deux patients guéris est très lourde et risquée, posant des questions "éthiques", souligne le Pr Gupta.

" Il faut mettre en balance le taux de mortalité de 10 % pour une transplantation de cellules souches et le risque de mort si on ne fait rien", selon lui. Le scénario s'est donc répété pour le " patient de Londres ", qui n'a montré aucun signe d'activité du virus depuis un an et demi. "Nous devons constamment rappeler l'importance de la prévention, du dépistage précoce et de l'adhésion au traitement comme piliers de la réponse mondiale actuelle au VIH/sida", a ainsi commenté auprès de CNN Sharon Lewin, directrice du Peter Doherty Institute for Infection and Immunity de l'Université de Melbourne (Australie), et membre du conseil d'administration de l'International Aids Society. Le " patient de Londres ", en rémission depuis 30 mois, ne présente plus que des restes fossilisés du virus dans son organisme.

Adam Castillejo, âgé de 40 ans, a reçu une greffe de cellules souches pour le guérir d'une leucémie et du VIH.

Les greffes de cellules souches semblent empêcher le virus de se répliquer à l'intérieur du corps en remplaçant les propres cellules immunitaires du patient par celles du donneur qui résistent à l'infection par le VIH.

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