Infos Reuters: L'Alliance Renault-Nissan se réorganise pour tenter de se relancer

Xavier Trudeau
Mai 30, 2020

Le président de Renault, Jean-Dominique Senard, a déclaré que ce programme permettrait d'économiser jusqu'à 20% dans certains domaines tels que le partage des technologies.

Depuis l'arrestation de Carlos Ghosn au Japon en novembre 2018 pour des malversations présumées, cette alliance unique dans l'industrie automobile a vécu une descente aux enfers, après avoir atteint la première place mondiale des ventes automobiles en écoulant plus de 10,6 millions d'unités.

Afin de traverser la crise de Covid-19, Renault a conclu un accord de prêt de 5 milliards d'euros avec ses banques qui serait garanti par l'État français, mais le gouvernement n'a pas encore finalisé cette garantie, selon des personnes proches du dossier.

"Ces dernières années nous nous sommes trop concentrés sur la stratégie d'expansion qui a provoqué une hausse massive des coûts fixes", a reconnu Osamu Masuko, patron de Mitsubishi Motors, en référence aux surcapacités des usines de l'alliance.

La nouvelle stratégie s'appuie sur un schéma de "leader-follower", avec une entreprise référente par modèle, par zone géographique et par technologie, les deux autres partenaires bénéficiant des savoir-faire et capacités industrielles du chef de file.

Ils ont approuvé à cet égard les principes du système "leader-follower " pour les projets véhicules sur lesquels ils vont coopérer afin de renforcer la stratégie de standardisation de l'Alliance, depuis la plateforme jusqu'au véhicule complet et déterminer par segment de produits un "véhicule mère " (voiture leader), et les "véhicules sœurs " (voitures follower), développés par l'entreprise leader avec le soutien de l'équipe des followers.

Il s'agit aussi de veiller à ce que les véhicules leaders et followers des trois entreprises soient produits dans un environnement le plus compétitif possible, y compris en regroupant la production lorsque cela est jugé pertinent et continuer à développer les synergies sur les véhicules utilitaires, où le modèle "leader-follower " est déjà appliqué.

A titre d'exemple, le renouvellement des SUV (4×4 urbains) de taille moyenne (Renault Kadjar, Nissan Qashqai) sera mené par Nissan, et celui des petits SUV (Renault Captur, Nissan Juke) par Renault.

Selon ce principe, Nissan deviendra le référent en Chine, Amérique du Nord et Japon; Renault pour l'Europe, la Russie, l'Amérique du Sud et l'Afrique du Nord et Mitsubishi Motors pour l'ASEAN et l'Océanie, relève le communiqué. Depuis sa privatisation dans les années 1990, Renault multiplie les investissements, comme en Iran ou au Brésil et s'allie avec Nissan puis Mitsubishi.

L'alliance manufacturière Renault-Nissan-Mitsubishi restructure sa coopération. A cet égard, Nissan prendra les commandes sur la conduite autonome et sur les motorisations des futurs modèles électriques développés sur des plateformes dédiées.

Renault sera responsable des technologies de connectivité (sauf en Chine où ce sera Nissan) et sur l'architecture électrique-électronique des véhicules. Le groupe au losange aura également la responsabilité des motorisations pour les véhicules électriques dérivés de plateformes thermiques. Le nippon va ainsi se concentrer sur les segments C et D, les véhicules électriques et les sportives.

Le journal français Le Figaro affirme que Renault prévoit de supprimer plus de 10% de ses effectifs français d'ici à 2024.

A la Bourse de Paris, l'action Renault qui montait en début de séance, est passée dans le rouge après les annonces de Nissan et perdait 0,6% à 13h00.

Nissan a aussi annoncé jeudi une perte nette colossale de 671,2 milliards de yens (5,7 milliards d'euros) sur son exercice clos au 31 mars.

Pour redresser leur situation financière, outre les plans d'économies que chaque groupe doit annoncer prochainement, les partenaires comptent utiliser à plein le potentiel économique de leur alliance forgée en 1999 par Renault et Nissan.

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