La CGT fait fermer Sandouville — Renault

Xavier Trudeau
Mai 11, 2020

"Tout le monde sait que la situation est très difficile pour le secteur automobile en ce moment. C'est pas un service rendu aux travailleurs", a-t-il déploré. "Et il y a 1000 salariés qui n'ont pas repris encore", souligne-t-elle. Dans son ordonnance de référé, que l'AFP a pu consulter, la justice a demandé à Renault de suspendre la production "le temps de la mise en place effective" de mesures comme "organiser et dispenser pour chacun (des) salariés avant qu'ils ne reprennent le travail une formation pratique et appropriée".

Le tribunal, saisi par les syndicats, condamne aussi Renault notamment à "procéder à une évaluation des risques sur le fondement de la réglementation générale", et à "sur ces bases" mettre "en œuvre des actions de prévention ainsi que des méthodes de travail et de production garantissant un meilleur niveau de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs conformément à la réglementation générale et à celle spécifique sur les risques biologiques". Malgré ces appels, la CGT a obtenu jeudi 7 mai la fermeture de l'usine Renault-Sandouville, au grand dam du ministre. "Ce qui s'était passé à Sandouville, c'était un dialogue social assez exemplaire sur la reprise d'activité en toute sécurité pour les travailleurs, a déclaré Laurent Berger sur France inter". Dans un communiqué vendredi, la branche métallurgie de Force ouvrière (FO-métaux) avait aussi dénoncé "une prise d'otages par la CGT et la justice des 2.000 salariés et 700 intérimaires de l'usine". C'est en tout cas ce qui se profile dans l'usine Renault de Sandouville (Seine-Maritime), devenu le terrain d'une bataille syndicale.

Alors que la France sort de son confinement, Bruno Le Maire a martelé lundi 11 mai son incitation à la reprise de l'activité économique, après de longues semaines qui ont paralysé la production.

Le constructeur automobile a précisé que cette décision ne remettait pas en cause le référentiel sanitaire présenté le 7 avril aux représentants du personnel mais portait principalement sur la procédure de présentation des mesures sanitaires aux syndicats. Un lent redémarrage est en cours sur certains sites industriels européens alors que plusieurs usines ont déjà repris l'activité en Russie, en Roumanie, au Portugal et en Espagne.

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